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kyloren

Pardonnez le titre clickbait, il fallait bien attirer votre attention. Ça fait un moment que cet article trotte dans un coin de ma tête, il est temps de l’en faire sortir.

J’ai déjà parlé plusieurs fois sur ce blog des chocs esthétiques et des role models que je pouvais avoir. Il se trouve qu’une bonne partie d’entre eux sont des héros et héroïnes de fiction. J’ai déjà entendu : « Ce sont des gens qui n’existent pas, donc je ne peux pas m’identifier à eux ». Deux choses : ce sont des personnages fictifs, certes, mais créés par des auteurs qui sont bel et bien réels. Ensuite, il me paraît difficile d’apprécier une œuvre sans un degré d’empathie – et parfois d’identification – pour ses personnages. Baignant dans la pop culture et dévorant des livres comme une vorace, je rencontre assez régulièrement de nouveaux (anti)héros. Et parfois, l’un d’entre eux va me marquer suffisamment pour m’apporter une aide véritable.

La plupart du temps, ce sont des personnages avec une part d’ombre. Je comprends les gens qui sont inspirés par des héros comme Captain America, Harry Potter ou Daenerys – j’en connais. Cependant, je ne pourrai jamais éprouver d’intérêt pour un personnage qui nous est présenté, à la base, comme étant bon et sans défauts. Les personnages qui me touchent sont des personnages perfectibles, qui traînent souvent de grosses casseroles derrière eux, dont l’arc narratif va les voir évoluer et faire un travail sur eux-mêmes pour s’améliorer. C’est la raison pour laquelle je préfèrerais toujours Tony Stark à Steve Rogers. (Outre le fait qu’une intelligence hors du commun me séduira toujours plus que la capacité de fendre des bûches à mains nues.)

Dans une œuvre, on est amené à voir l’intimité d’un personnage : comment il résonne, quel est son quotidien, quels sont les choix auxquels il doit faire face. La vie d’une personne réelle célèbre, qu’on admire et qui nous inspire, peut bien sûr être riche d’enseignements. Cette personne peut tout à fait laisser des livres ou des interviews pour s’expliquer. Mais la fiction offre ceci : elle permet d’être le plus proche possible de ses personnages… et donc de s’identifier à eux.

« Si lui ou elle a traversé ça, a douté mais a réussi à s’en sortir, alors moi aussi, je peux le faire. » Il n’y a rien de plus encourageant que de s’identifier à un personnage dont on partage les peurs, la colère ou la révolte, et de le voir avancer malgré tout. Dans mon cas, ça peut être un véritable moteur.

Quand je suis allée voir Star Wars : The Last Jedi au cinéma il y a plus d’un an, j’ai été bouleversée pour la seconde fois par le personnage de Kylo Ren. Non, je n’ai pas décimé des planètes entières, non, je ne vise pas le poste de Supreme Leader. Mais quelque chose dans sa rage, sa peur, son ambition et son envie d’en découdre m’a parlé. « Tu n’es pas seule », dit-il à Rey pendant le film. Cette seule réplique a été un encouragement en soi, que j’ai gardé dans ma tête depuis. Et c’est toute la magie des films, des livres, des histoires en général. Dans l’un d’eux, il y aura forcément un personnage qui vous parlera, auquel vous pourrez vous identifier. Qui vous montrera que non, vous n’êtes pas seul, qu’il y en a d’autres comme vous.

Et voici une petite liste de quelques personnages a priori infréquentables, mais qui m’inspirent. Je reviens régulièrement aux œuvres dans lesquelles ils apparaissent pour me motiver.

tony stark

J’apprécie Tony Stark parce qu’il évolue, en bien, malgré ses erreurs et son manque absolu de confiance en lui. (Son arrogance n’étant qu’une façade.)

alice morgan

J’apprécie Alice Morgan parce qu’elle est brillante, qu’elle n’a peur de rien et qu’elle apprend, petit à petit, à s’ouvrir aux sentiments humains. (Si vous ne connaissez pas ce personnage joué par Ruth Wilson dans la série Luther, lâchez tout et partez à la rencontre de cette psychopathe et physicienne surdouée.)

sherlock

J’apprécie Sherlock version BBC parce qu’il trouve toujours des choses incroyables à faire avec son cerveau et qu’il avance, malgré ses peurs – et son incompréhension des normes sociales.

kaz brekker

J’apprécie Kaz Brekker parce qu’il est insupportable et génial au sens propre. Mais aussi parce qu’il est jeune, qu’il a toujours un coup d’avance sur ses ennemis, des vestes impeccables, et que ça ne l’empêche pas de devenir le maître incontesté des gangs de sa ville.

loki

Et j’apprécie Loki Laufeyson parce qu’il garde son panache en toute circonstance – et pour d’autres choses qu’il a en commun avec ses petits camarades ci-dessus.

Ça devait être dit.

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Après des pérégrinations et des chocs esthétiques en tous genres, il est grand temps de nourrir à nouveau ce blog. Le bébé a faim et il va être servi.
Ce mois-ci marque le commencement d’une nouvelle année où, pour résumer, nous allons tous vivre de nouvelles aventures, rencontrer de nouveaux gens et apprendre des choses en veux-tu en voilà .

Apprendre. C’est justement le sujet de ce post et, même si je n’ai pas l’intention d’en faire une séance de psy, c’est malheureusement sur mon expérience que cet article va se baser. Ceci dit, j’espère que ce qui suit pourra être utile.

A droite, Lucas North, le polymathe de Spooks.

Il y a quelques soirs, je regardais innocemment un épisode de la série Spooks quand l’un des personnages a balancé sans ménagement ses connaissances en sciences naturelles au beau milieu d’une conversation. L’épisode précédent, il avait cité de mémoire un passage d’un livre de la culture indienne. Impressionnée, sa collègue agent secret lui demande comment il peut savoir de telles choses. « Je suis polymathe. », réplique-t-il l’air de rien.

J’ai mis mon lecteur sur pause pour effectuer une recherche internet dans la foulée. Wikipedia m’apprend aussitôt ceci :

La polymathie est la connaissance approfondie d’un grand nombre de sujets différents, en particulier dans le domaine des arts et des sciences.

C’est fou ce que Spooks peut nous apprendre. Dans la même saison, un des personnages a traité un autre de Nancy Drew et j’ai découvert, stoppant l’épisode, qu’il s’agissait de l’héroïne détective d’une série de romans policiers anglais. Un peu l’équivalent des héroïnes des bibliothèques rose et verte pour nous.

Bref, je n’écris pas ça pour faire la promo de Spooks, vu que je ne la verrai jamais en entier. Ce qui m’intéresse ici, c’est le fait d’être polymathe. Au moment même où j’ai découvert la signification de ce mot, j’ai pensé : je veux en être une ! (« Tu veux faire quoi quand tu seras grande ? » « Polymathe, maîtresse. »)

Je suis souvent un peu gênée – même si je suis flattée – d’entendre des amis ou des gens me dire que je sais plein de choses. Suivi de la question : comment tu fais ? Mais c’est simple ! Rien n’est plus simple, en fait, et je vais expliquer comment. Je suis encore loin d’être polymathe mais je pense que si on le veut, tout le monde peut le devenir.

J’ai déjà dit mille et mille fois ici que j’étais frustrée dès qu’un personnage ou une personne admirée citait une référence que je ne connaissais pas. Aujourd’hui, j’écumais le twitter de Tom Hiddleston : le bonhomme a répondu à des questions de fans il y a deux jours, recommandant au passage musique et lectures.  Je me suis jetée sur mon fichier Excel pour compléter ma liste de livres à lire.

Exemple.

(Vous pouvez même cliquer pour afficher ça en plus gros et imaginer ma réaction.)

Comme si je n’en avais déjà pas assez, Tom ! Tu sais que Richard et d’autres ont déjà rallongé ma liste ? Pense à moi, un peu.

C’est ça, l’astuce. Quand on ne connaît pas une référence, aller la chercher. Pour moi, c’est avec Jack White que la manie s’est vraiment déclarée : dès qu’il citait un disque, un film, un livre, j’allais, je trouvais, je m’en imprégnais. Comme le gars s’intéresse à tout, j’ai même touché à des domaines que je n’aurais jamais exploré de moi-même, du Delta blues à Nikola Tesla et Carl Sagan. C’était parti.

Après ça, on peut connaître plusieurs phases.

– La satisfaction d’ouvrir un roman, un jour, et de s’apercevoir qu’on connaît toutes les références qui y sont citées.

Et c’est à peine exagéré.

– « Tiens, je m’ennuie, si je m’intéressais à la mécanique quantique ? Ou si je faisais un mémoire sur le roman de Powers consacré à la génétique… » Yep, ça, c’est la faute de Tony Stark. A force, on finit par s’intéresser à des gens qui n’ont rien à voir avec nous. Et quand on est une littéraire pure et qu’on aborde pour la première fois les rivages de l’infiniment petit ou des trous noirs, au début, ça fait mal. Mais ça ne serait pas drôle si ça n’était pas un peu dur, si ?

– Si vraiment vous êtes motivés, vous finirez par faire comme moi et vouloir consommer une œuvre nouvelle par jour. Que ce soit un album, un film ou un livre. (Avec des aménagements intérieurs : oui, un épisode de série peut éventuellement compter. Oui, un livre compte à partir du jour où vous l’avez fini. On ne vous demande pas de dévorer trois cents pages en une journée. Ceci dit, si vous êtes capables de faire ça entre vos heures de boulot/fac/etc et en plus de vivre votre vie à côté, je vous tire mon chapeau.)

L’ennui dans tout ça, c’est que j’ai une liste interminable de trucs à lire. Le bon côté, c’est que je suis rarement en panne d’une idée de lecture. A côté des livres cités par, en vrac, Hiddleston, Dante Gabriel Rossetti, ce bon vieux Armitage et un certains nombre d’amis, j’ai aussi une liste toute personnelle de choses que je veux lire pour moi. Donc messieurs dames, vous allez me lâcher deux minutes et me laisser lire du Théophile Gautier et mon livre sur le nombre d’or.

Polymathie, quand tu nous tiens ! A votre tour, maintenant.

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J’ai souvent parlé à mes amis des maisons où je rêverais d’habiter – il m’est même arrivé d’en poster des photos sur ma page fb –, mais réflexion faite, ça peut faire un excellent petit article pour ce blog.
Il fera plaisir à vos yeux et, qui sait, vous redonnera peut-être envie de découvrir ces maisons/châteaux/souterrains si vous ne les connaissez pas déjà. A l’heure de partir en vacances, voici les cinq où j’irais bien m’isoler pendant Juillet-Août.

1 Thornfield Hall (Jane Eyre, Susanna White, 2006) :

Le château d’Edward Fairfax Rochester se place naturellement en tête de liste. Il est parfois difficile de parler simplement des choses qu’on aime. Solennellement, je peux dire que j’apprécie le manoir pour sa beauté. C’est une grande bâtisse de pierre, avec un immense jardin, une rivière juste à ses pieds – et en été, le paysage devient tout à fait charmant. A l’intérieur, il y a de grands couloirs, de larges escaliers en marbre, d’autres en spirale, de grandes salles idéales pour les réceptions. Tout cela est montré dans la série Jane Eyre. (Produite par la BBC en 2006, largement évoquée ici. Les quatre épisodes d’une heure sont sur youtube en version originale. C’est ma série préférée, et je la recommanderai toujours.)

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Sans oublier le bureau du maître des lieux, Edward Rochester himself. Une pièce protégée de la lumière par ses vitraux, pleine de livres, de cartes et d’objets insolites. Rochester a voyagé, est élégant et d’un naturel curieux. Son bureau reflète magnifiquement son caractère. Si j’avais besoin d’un havre, je saurais où aller : à Thornfield, sans hésitation.

2 Le manoir de la famille Addams (Les Valeurs de la famille Addams, Barry Sonnenfeld, 1993) :

Est-il vraiment besoin de m’expliquer ? Le manoir des Addams est beau. Le manoir des Addams a des portes qui grincent et une jolie véranda. Le manoir des Addams a une galerie souterraine digne du Fantôme de l’Opéra. J’ai aussi l’impression qu’il fait toujours gris chez eux, et si par malheur le soleil pointait le bout de son nez, ils ne m’en voudraient pas de ne pas sortir, bien au contraire. (Non, l’été n’a pas été inventé pour moi.) Pouvoir discuter avec Mercredi des meilleures techniques de meurtre, disputer une partie de lancer de couteau contre Gomez ou faire des potions bizarres avec la grand-mère me plairait beaucoup. J’ai toujours vu les Addams comme une famille d’adoption idéale, et ce n’est pas pour rien que leur portrait en noir et blanc est accroché depuis des années dans ma chambre d’étudiante.

3 La Galerie des Ombres (V pour Vendetta, James McTeigue, 2006) :

Le maître des lieux vous salue.

V pour Vendetta de James McTeigue est un de mes films favoris depuis que je l’ai vu à sa sortie au cinéma en 2006. J’ai particulièrement apprécié son héros, ses tirades shakespeariennes, ses dagues et… sa maison. Je pense que tout amoureux de l’Art et de la Beauté s’y sentirait comme chez lui. La maison de V, en plus d’être souterraine (pas de bronzage là non plus), est une succession de pièces à colonnes, ornées d’arcades et de portes en bois massif. Sobrement baptisée la Galerie des Ombres (the Shadow Gallery en vo) par son propriétaire, on y trouve des pièces remplies de livres jusqu’au plafond, de vieux miroirs ornés de citations de Faust et un jukebox contenant 872 chansons. La maison est décorée par des tableaux de toutes époques, des sculptures et des couvertures de comics qui en font un paradis.

 

Alors oui, je serais ravie de passer quelques jours là-bas, de pouvoir contempler de mes yeux la Lady of Shalott de Waterhouse, d’écouter du jazz (et pourquoi pas danser sur Cry Me A River de Julie London) et dévorer les œufs que V me fera au petit déjeuner.

4 Erebor (The Hobbit, Peter Jackson, 2012) :

La scène d’ouverture du Hobbit m’a subjuguée, et je n’ai pu que déplorer sa brièveté. ” Faites-la durer un peu, que j’en voie plus ! ” Indépendamment de cela, je savais au terme du film qu’Erebor était à ranger dans les résidences d’été idéales : c’est magnifique, immense – pour les explorations des premiers jours, voire semaines, le programme sera rempli –, et à l’abri de la lumière. De plus, la nourriture promet d’être excellente, puisque les nains sont des fondus de beefsteak. (Je viens de rire à la pensée d’un barbecue avec Thorin et ses potes.) Erebor, j’arrive.

5 La Stark Villa (Iron Man 1, 2, et 3, Jon Favreau  en 2008/2010 et Shane Black en 2013) :

La villa d’Anthony Edward Stark, alias Tony Stark, alias Iron Man, tranche sévèrement avec les autres demeures que j’ai montrées. Cependant, je ne pouvais décemment finir ce classement sans l’ajouter. Elle est idéalement située : sur une falaise au bord de la mer, juste en bordure d’une grande métropole – je commence à parler comme un agent immobilier. J’ai déjà expliqué l’attrait des hologrammes de Stark. Inutile de dire que si je pouvais passer des heures à les manipuler afin de mettre mes idées en forme, j’en serais ravie. Et il y a JARVIS, bien sûr.

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J’aime bien le salon avec la baie vitrée, la chambre aussi. Et bien entendu, je n’ai pu m’empêcher de remarquer plusieurs instruments de musique dispersés dans la villa. Si Anthony se met au piano pour jouer du jazz, je ne dirais pas non. Pour ces raisons et bien d’autres, j’estime que la villa de Stark a parfaitement sa place ici.

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Pour ceux qui en douteraient encore, Mai est le plus fou des mois de l’année. En effet, tout le monde est encore en manteau/écharpe alors qu’on devrait être en robe. (Ou short.)

Ça n’est pas une raison ? Alors laissez-moi dire que Mai a été le plus fou des mois de l’année pour moi, en tout cas. Mai a vu mes trois projets de l’année se réaliser.

Dans l’ordre :

1) La suite et fin de la publication de mes six articles sur l’esthétique de Jack White pour le site Whitestripes.fr.

2) Aller au concert des Raveonettes. (Ce qui m’a permis de récupérer une setlist et, au passage, de tomber amoureuse de Sune Rose Wagner.)

3) Donner une interview publique de l’écrivain américain Richard Powers.

Mon interview a eu lieu mardi et elle fut épique. C’est le mot.

Pour faire court, les élèves de mon master à Lyon avaient l’opportunité de participer aux Assises Internationales du Roman. Parmi les rôles proposés, il était possible de donner une interview publique d’un auteur issu de la liste des invités. Cette mission porte le nom très smart de : modérateur(trice, dans mon cas) en bibliothèque. (Oui, modérer, c’est la vie.)

Ni une ni deux, je suis rentrée chez moi avec la liste dans la main et j’ai aussitôt fait des recherches sur chacun des auteurs. Histoire de déterminer leur profil, v’voyez. Richard Powers m’a très vite intéressée. Le monsieur est ancien programmateur informatique, musicien accompli, professeur dans une fac de lettres dans l’Illinois et accessoirement romancier. « Un des romanciers les plus importants de ce début de siècle », ai-je entendu dire plusieurs journalistes.

Bref, Powers est presque un génie, qu’on se le dise. Ma lecture de ses interviews l’a confirmé. Dès lors, je voulais interviewer celui-là et pas un autre. Ceux qui fréquentent ce blog connaissent mon dangereux penchant pour les messieurs qui touchent à tous les domaines.
Cela dit, sans ma fréquentation assidue d’un certain Anthony Stark cette année, je n’aurais pas mis autant de volonté à vouloir interviewer cet écrivain et pas un autre.

Donc, j’ai décroché ce que je voulais : une interview publique avec Richard Powers, le 28 Mai 2013. Joie, bonheur, etc. La date fatidique approchait et la veille de l’interview, j’ai procédé à plusieurs manœuvres afin d’être certaine que tout se passerait pour le mieux.

– Comme je suis une étudiante sérieuse, j’ai relu les questions que j’avais préparées, ajoutant une note ici et là.

– Comme je voulais absolument m’endormir et me réveiller dans un bon état d’esprit, j’ai revu Thor. Oui, Thor, le film. Ma dernière affection en date se nomme Tom Hiddleston et, entre Thor et The Deep Blue Sea, le choix est vite fait s’il s’agit de garder le moral. (Oui, Tom est drôle, Tom est élégant, Tom est amoureux de Robert Downey Jr, Tom joue Shakespeare, Tom invite ses fans à le saluer dans la rue, Tom cite des ouvrages que je ne connais pas et que j’ai envie de lire. Tom est parfait. Loki l’est encore plus, mais j’y reviendrai dans un prochain post.)

Finalement, le grand jour est arrivé. Et ô miracle, il faisait presque beau. Presque. J’ai donc revêtu la robe prévue pour l’occasion et écouté Miles Kane me seriner pour la millième fois que « je ne devais pas oublier qui j’étais ».
Puis, avec un air de conquérante, je suis partie affronter mon destin.

Et c’est là que les choses se sont gâtées et que le mot épique prend tout son sens. Après une matinée teintée de trac – et quand toutes vos amies vous disent que ça va bien se passer, ne croyez pas, ça ne fait qu’empirer les choses ; et aussi quand vous êtes tombée quelques jours auparavant sur un blog annonçant l’évènement –, je me suis mise en route pour la médiathèque où devait avoir lieu la rencontre fatidique.
Je voulais arriver une demi-heure en avance – je suis une journaliste sérieuse (ton de Bridget Jones) – mais le métro de Lyon a contré mes plans. Une puissance d’un autre monde a trouvé le moyen de bloquer la ligne que je devais emprunter.

Là, vous devez imaginer une petite fille en robe vintage totalement désemparée et affolée sous la pluie. Vous l’avez ? C’est moi.

J’ai un aveu à faire : je n’aime pas les portables. Mais cette fois, le mien m’a été utile. Et comme j’ai des amies fantastiques, j’ai pu prévenir l’une d’elle qui a pu alerter la bibliothèque de mon retard.
Résultat des courses : rejointe par des amies, j’ai pu prendre le métro débloqué et arriver avec deux minutes de retard sur les lieux.

On peut résumer la situation ainsi : arrivée à la médiathèque, je parviens à une porte dont le panneau affiche un terrible COMPLET. Un cerbère en barre l’entrée.

« C’est pour l’interview de Richard Powers.

– C’est complet, je suis désolée.

– C’est moi qui dois lui poser des questions. »

Forcément, ça change tout. La porte s’ouvre et là, je constate qu’effectivement, la salle est pleine à craquer, que l’interprète et l’auteur sont déjà sur scène. En bref, qu’ils n’attendent plus que moi.
Doux Jésus. Je n’ai d’autre choix que de m’avancer, monter sur scène, serrer la main de Mr Powers avec qui je n’aurais pas échangé un mot avant. Et d’enchaîner.

Le stress consécutif à cette aventure a petit à petit disparu au cours de l’interview. Je suis contente de dire que j’ai bien géré mon temps et que, chose heureuse, le public a été très réactif. Oui parce qu’il y a forcément la partie échange avec le public. Partie au terme de laquelle j’ai pu prononcer la phrase mainte fois entendue dans des films ou de vraies conférences : « Encore une question et nous devrons terminer l’entretien ».

Et c’est au terme de cette interview d’1h30 que j’ai enfin pu parler à Richard Powers. Seule à seul. En anglais.

Le test de la mort, en quelque sorte. Parce que, si j’ai appris à parler cette langue toute seule – les cours ne servent absolument à rien si on veut parler couramment –, que la plupart de mes recherches universitaires se font en anglais, que je suis capable de voir des films en vo sans sous-titres et que je parle anglais tous les soirs environ, passer à une pratique en direct live avec un américain en chair et en os relevait d’un tout autre jeu.

Ce fut merveilleux. Pas seulement parce que je parlais à un auteur pour lequel j’ai appris à avoir, au fil des derniers mois, une grande admiration, pas seulement parce que je pensais au fur et à mesure de la conversation que « bon sang, tu parles anglais exactement comme tu imaginais que tu parlais anglais, ma petite ! », mais aussi parce que j’ai pu lui parler de sujets totalement inattendus.
Nous avons parlé de Jack White.

Et ouais. Suite à une question d’un spectateur, Richard Powers avait donné un peu plus tôt un de ses derniers coups de cœur littéraires en date : un livre sur l’histoire du rock. Notre dialogue (après qu’il m’ait dit que j’avais fait un bon travail et signé quelques autographes à des lecteurs), si j’en donne une traduction approximative, a donc donné à peu près ça.

« Quel est votre groupe de rock préféré ?

– Actuel ou d’avant ?

– Peu importe, comme vous voulez.

– C’est cliché si je dis les Beatles ?

– Pas du tout ! C’est un groupe génial. Moi, ça serait Jack White.

– (d’un air convaincu) Oh, bon choix.

– Il est un peu byronien…

– En effet.

– Vous approuvez ?

– Oui, il a cette aura romantique. »

Là, une petite lampe s’allume au-dessus de ma tête parce que c’est exactement l’analyse que j’avais faite de White dans mes récents articles. Je vous épargne une traduction intégrale. J’ajoute simplement que j’ai réussi ma mission du jour : Mr Powers m’a donné l’autorisation de lui écrire. (Si je n’avais pas tenté ça, je serais rentrée chez moi avec l’impression d’avoir manqué ma journée.) J’ai aussi pu glisser que j’avais été publiée et il m’a demandé mes projets. Bref.

Tout est bien qui finit bien. Surtout quand on clôt une journée, même épuisante et pluvieuse, dans un bar à donuts avec des amies.
Une question, cependant, me turlupinait : avais-je été digne des maîtres et héros qui m’avaient formée et que j’admirais ? Pouvais-je rentrer chez moi et oser croiser le regard d’un seul des personnages accrochés sur mon mur ? Je n’en étais pas certaine.

Cependant, avec le recul, dès le lendemain, je me suis rendue compte que je ne m’en étais pas trop mal sortie. Après tout, j’ai fait cela avant tout pour mes études et un professeur qui était là durant mon entretien m’a dit que j’avais fait du bon travail. Et j’ai pu rencontrer Richard Powers, un presque génie, un des plus grands écrivains actuels. Un homme que j’admire et avec qui j’ai pu parler de Jack White. Que demander de plus ?

Après tout, je n’ai peut-être pas été une élève indigne de Stark et consorts.

Et maintenant ? C’est un sentiment bizarre que d’avoir réalisé tous ses projets de l’année. Le sentiment de vide est assez… déconcertant. Je me suis donc efforcée de penser à tous les nouveaux projets qui s’étaient présentés à moi ces derniers jours et de continuer le boulot.
Au cours de la semaine des Assises Internationales du Roman, je suis aussi allée assister à d’autres rencontres, des entretiens menés par des amies, une table ronde avec de prestigieux auteurs irlandais (expérience étrange : voir que le public qui a recours à la traduction simultanée rit vingt secondes après que vous, vous ayez compris la blague de Kate O’Riordan).

Les étudiantes qui participent à ces Assises répètent que nous prenons part à une expérience extraordinaire et que nous avons une opportunité fantastique. Ça, c’est le genre de chose qui m’échappe et que je ne réaliserai que trois mois plus tard. Si je le réalise.

Pour l’heure, je suis contente d’avoir fait du bon boulot.

Et je m’en vais retourner à mes préoccupations du moment. Il se peut que j’en parle prochainement sur ce blog, d’ailleurs. Il y a la suite de mon enquête sur Arthur Hughes, évidemment, et d’autres projets. Il y a aussi une préoccupation nommée Loki Laufeyson…

A suivre, donc.

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L’anglais possède une excellente expression pour définir le sujet dont je vais parler. Role model. Traduisible par « exemple » ou « modèle à suivre » en français.
C’est exactement ce dont il s’agit ici. Les personnages de fiction comme modèles à suivre dans la vie courante. Pas n’importe lesquels, bien entendu : un génie infréquentable et une surdouée psychopathe, j’ai nommé Tony Stark et Alice Morgan.

Je vous vois venir d’ici, ce sont des scientifiques et je suis une littéraire. Certes. Ce ne sont assurément pas des role models en raison de leur style de vie légèrement… différent. Il est vrai.
Mais c’est justement là que réside tout l’intérêt du jeu.

J’ai déjà dû expliquer plusieurs fois le syndrome dont je souffre dans les articles de ce blog : je ne supporte pas qu’on cite une référence que je ne connais pas. Premièrement parce que je me sens affreusement frustrée, deuxièmement parce que je déteste admettre que je ne sais pas.

Avec Tony Stark et Alice Morgan, le fossé ne saurait être plus grand. Leurs thèmes de prédilection sont presque immanquablement des sujets dont j’ignore tout. D’où la frustration accrue.
D’où le fait de m’intéresser depuis cet été aux trous noirs et à la mécanique quantique, entre autres.
(Après tout, les « libertins érudits » du XVIème siècle prônaient le fait que « l’homme savant » se devait d’être érudit dans tous les domaines, pas vrai ?)

Mais voici ma théorie. Je pense en effet que ces personnages peuvent être d’excellents modèles à suivre et ce, en dépit de leur caractère hautement dangereux. (Quoique ?)

Tony Stark

L’ayant encore peu croisé dans des comics – je suis plus DC que Marvel, vous m’excuserez –, je m’appuie sur le personnage tel que nous l’ont montré les films de Jon Favreau et Joss Whedon, interprété par Robert Downey Jr.
Il n’est plus à présenter, tout le monde connaît Iron Man, le « genius billionaire playboy philantropist », comme il se décrit lui-même dans le film Avengers. Ses défauts sont immenses et je n’ai pas l’intention de de les cacher – il en avoue d’ailleurs une bonne partie dans son autoportrait de quatre mots. Donc, Stark a un ego surdimensionné, court après toutes les filles qui passent (et se débarrasse d’elles d’une façon toute personnelle), cumule les excès en tous genres et ne fait pas toujours le meilleur usage de son argent. C’est un fils à papa riche, célèbre et qui possède les pires adjectifs attribués à ce statut.
Je ne conseille à personne d’imiter une telle attitude. (Encore faut-il en avoir les moyens.)
Cela va de soi.

Une chère amie a coutume de dire que « les personnes de grand talent ou de grande intelligence possèdent des défauts proportionnels ». Ceux de Tony Stark sont à la mesure de son génie.
C’est un inventeur. Un génie précoce, et beaucoup plus réfléchi qu’il n’y paraît. Il fourmille d’idées dès qu’il s’agit de créer et d’améliorer son armure d’Iron Man. Et bien entendu, c’est un scientifique reconnu par sa profession.

Il y a deux choses que je lui envie particulièrement. Ses hologrammes, déjà. Ils sont magiques. (Si je pouvais mettre mes idées en forme avec un tel moyen, la vie serait parfois bien plus simple.)

Sa faculté à apprendre très vite dès que nécessité se fait sentir. « When did you become an expert in thermonuclear astrophysics ? », lui demande Maria Hill – Avengers, toujours. « Last night », répond Stark l’air de rien.
Et bien sûr ses connaissances en matière de mécanique quantique. Je ne les égalerai certainement jamais, mais je peux toujours essayer de m’instruire et de comprendre certains concepts et notions.
Dont acte.
Au fil des films, Stark s’améliore et trouve divers moyens de gérer sa personnalité instable. De ne pas péter les plombs, disons. Notamment en s’occupant et en se plongeant dans l’invention.
Pour toutes ces raisons, oui, Tony Stark peut être un role model.

Et pour ceux qui m’accusent de ne citer que des hommes parmi mes héros de prédilection, le personnage suivant offrira un démenti.

Alice Morgan

Il n’y a aucun piège, Alice Morgan est bel est bien une femme. « Presque un génie », qui plus est. Une chercheuse en physique entrée à l’université à treize ans et sortie à dix-huit. C’est aussi une tueuse en série dont on apprend, dans le premier épisode de la série Luther, qu’elle a assassiné ses parents.

Pour être franche, Alice est ma principale raison de regarder la série – produite par la BBC, quelle surprise. Brillamment interprétée par Ruth Wilson, Alice Morgan est un personnage fascinant et effrayant à la fois.

Ses défauts sont presque indissociables de ses qualités, ce qui rend son caractère de role model assez difficile à justifier. Je le fais quand même.
Ce qui caractérise Alice, donc, c’est son génie et sa jeunesse. Elle est aussi brillante en physique qu’en meurtre. Ce qui suscite l’admiration de Luther, avec lequel elle va développer une étrange amitié, c’est qu’il est impossible de prouver qu’elle a effectivement tué ses parents : elle n’a laissé aucune trace. Son crime reste donc impuni.
Pour en finir net avec son défaut majeur : c’est une perverse narcissique. Alice désire être admirée et porte un souverain mépris à la plupart des êtres qui l’entourent. Chacun de ses actes est une revanche contre ceux qui ont pu la blesser.

Ceci étant dit, Alice Morgan a de grandes qualités : un sens inné de la répartie – fine et cinglante –, de l’érudition et une élégance certaine. Elle donne également des conseils avisés à Luther, étant lucide sur les comportements d’autrui.

Elle fait ce qu’elle veut comme elle le veut et ne tolère aucune entrave. Elle parvient également à se sortir des situations les plus difficiles avec un calme inquiétant.

Je concède que tout ceci n’est pas follement encourageant. Alice m’a poussée à m’intéresser aux trous noirs, qui n’appartiennent pas du tout à mon domaine.

Sa capacité à rester calme en – presque – toute circonstance, son intelligence ne peuvent que susciter l’admiration. Alice est une source d’inspiration idéale si l’on veut s’aventurer sur des terrains inexpérimentés de la connaissance et désirer être meilleur dans certains domaines. Le tout en avançant avec une calme certitude.

Donc, je n’ai que des modèles fictionnels scientifiques, vous demanderez-vous ? J’ai montré que cela allait au-delà de ces compétences. Il existe d’autres personnages qu’en effet j’aurais pu prendre comme exemple. J’aurais pu citer Sherlock Holmes, mais il n’a que trop visité les pages de ce blog. Cela dit, il représente l’homme dont le savoir est complet : c’est aussi bien un scientifique qu’un littéraire, il se prête à des expériences de chimie et est aussi musicien. (Il a également des défauts non négligeables…)

Mais c’est un cas encore différent. J’ai cité Tony Stark et Alice Morgan parce que leurs exemples sont d’autant plus frappants qu’ils contrastent, au premier abord, non seulement avec l’image de modèles à suivre, mais également avec le domaine dans lequel j’étudie et sur lequel j’écris.

Cependant, en considérant avec discernement les personnages d’un insupportable millionnaire et d’une surdouée psychopathe, en prenant le meilleur d’eux, je crois avoir montré qu’ils peuvent effectivement être des exemples à suivre.

Je pense qu’ils souriraient à cette idée.

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