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Archive for the ‘Poème’ Category

Oh my beautiful knight
– Adeline Arénas –

Arthur Rackham – The Meeting of Oberon and Titania

Oh my beautiful knight
Before the morning comes and the servants knock
Tell me a stranger tale

Oh my beautiful knight
Before the bat hides and the bird flies
Sing me another lullaby

Oh my beautiful knight
When the night is silent and lends us this moment
I will give you a spell

Oh my beautiful knight
When the time is for the fairies to dance
Will you still ask for my hand?

Oh my beautiful knight
Before your kingdom’s call
Say one last word and then go

For we shall meet again
Oh my beautiful knight
And be king and queen of that faraway land

 

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Hesiode et la Muse – Gustave Moreau (1891)

[Une fois n’est pas coutume, cet article sera un peu particulier puisqu’il a été écrit pour répondre à défi. Alexandra est une amie de longue date qui écrit, est passionnée de romans, de séries de la BBC et de héros intéressants. Elle tient l’un des blogs que je préfère, La Bouteille à la mer : courez-y et lisez ses billets. Le seul problème étant, je vous avertis d’entrée, que vous aurez envie de découvrir tout ce dont elle parle, car la gente dame sait diablement donner envie. (Le blog a également le mérite d’être très beau à regarder…) C’est grâce à elle que j’ai découvert Guy de Gisborne, auquel j’ai consacré deux essais et le conte publié cette semaine sur ce blog, L’hymen maudit. Ça veut tout dire, je crois. Un beau jour, j’ai posté une citation d’Anne Rice sur le mur facebook de mon amie, et elle a presque aussitôt  lancé l’idée d’écrire un texte à partir de cet extrait. Un défi, soit ! Mission acceptée. Alexandra a rédigé une très belle nouvelle néo-victorienne, The Gipsy Gentleman, avec des personnages qu’il me tarde de retrouver sous sa plume. Cette histoire m’a ravie et troublée à la fois, et je vous invite à la découvrir. La demoiselle touche juste.
Quant à moi, j’ai écrit la courte nouvelle poétique qui suit. J’espère que son ange noir vous plaira…]

“I love you still, that’s the torment of it. Who will take care of me, my love, my dark angel, when you are gone?”
– Anne Rice, Interview with the vampire –

ENLUMINURES

J’ai inventé des litanies, créé des phrases au hasard. J’ai dansé, chanté des vers, tout le temps, sans arrêt. Et pourtant, cela me semble toujours vain. Comment parler de ce que je ressens si tout a été fait ? J’ai cherché dans les livres. J’ai vu ce que Miss Browning disait et je l’ai pris à cœur. Il me semblait que cela résumait parfaitement mon humeur. How do I love thee ? demandait-elle d’une voix douce, presque timide, cependant que la question faisait écho dans mon esprit.

J’ai marché dans les rues et la seule chose qui me venait à l’esprit étaient des noms, lancés au hasard. Comment mon invocation peut-elle fonctionner si elle ressemble à toutes les autres ? J’ai regardé les étendues d’herbe, j’ai cherché une réponse dans les fleurs sauvages ou domestiquées que j’ai pu croiser. J’ai même tenté de percevoir une réponse dans les rayons du soleil qui me brûlaient le visage – sacrifice ultime. Rien !

La réponse la plus immédiate fut : la fiction. Par une histoire je pouvais montrer, peut-être, ce que je ressentais. Tout déguiser. Du papier, de l’encre, et advienne que pourra. De toute évidence, le monde entier sait ce que tu ressens – ça n’est un secret pour personne. Ils n’ont qu’à regarder ta figure et écouter les paroles que tu chantes, voir les tableaux nouvellement accrochés dans les couloirs de la maison, en remplacement des anciens placés au grenier.

Je passai des nuits à violer la blancheur de feuilles qui n’avaient rien demandé. Ou qui ne demandaient que ça, je l’ignore. Je dessinai une lettrine au début de chaque chapitre que je colorai avec des poudres trempées dans l’eau, récupérées ici et là. Des oiseaux, des feuilles, des plantes joliment vénéneuses. Le travail fini, je vis que j’avais créé une belle chose. Juste pour dissimuler – trop mal – les sentiments qui y étaient déversés. Il en découvrirait donc l’ampleur, s’il ne la soupçonnait pas déjà. Après tout, ne me laissait-il pas le voir chaque soir ?

Il était temps de lui remettre la chose, pensai-je. Il faut qu’il sache, que cela scelle ma perte ou non. De toute façon, il pouvait partir d’un moment à l’autre. L’ennui de s’attacher à un être sans attache. Cela dit, s’il partait irrémédiablement, j’étais toujours libre, moi aussi, de renoncer à toute forme d’attachement. Je pouvais me jeter du haut de ma fenêtre et offrir un sublime martyre à ces temps troublés. Pourquoi pas ?

Le rouleau en main, je partis le trouver. Les pages enluminées glissèrent l’une après l’autre de ses mains au fur et à mesure que ses yeux faisaient sien chaque mot. Il avait compris, évidemment. Il ne parut pas le moins du monde effrayé par ce qu’il avait lu – s’il l’était, le masque était parfait. Ou peut-être avait-il l’habitude de causer cet effet. D’autres avaient certainement succombé avant moi. Après tout, son visage était celui d’un ange, un ange noir… Il m’annonça qu’il partait. A cause de mes écrits ? Non. Il partait, tout simplement. D’autres avaient certainement succombé avant moi et, ne supportant pas son départ, avaient eu recours à un expédient pour se défaire de tout attachement ?

Je lui posai la question. Il n’en avait jamais eu connaissance. Il fixa sur moi des yeux limpides. Comment allais-je faire, moi, sans mon ange des ténèbres, lui demandai-je ? Comment pourrais-je apprendre et voir ? Je perdrais la raison. Je me perdrais tout court. Et plutôt que de vivre cela, lui dis-je, je préférais encore me soustraire à ce monde à l’instant où il aurait quitté les lieux.

J’avais un amour pour lui qui était beaucoup trop grand, ajoutai-je en tordant dans mes mains des pans de ma robe. Je ne savais pas… et je tournais la tête de tous côtés. Enfin, il avait bien vu, n’est-ce pas ? Il pouvait parfaitement concevoir, comme une fin possible, envisageable, que je veuille me défenestrer après son départ ?

Il était fort impoli de ma part de l’interrompre, dit-il. Je l’avais coupé d’une façon fort impétueuse. Il partait et désirait que je l’accompagne, me dit l’ange noir. Si, cependant, je désirais le laisser aller seul et me défenestrer, il n’y verrait pas d’objection. Il lui suffirait simplement de s’acheter un poison dans le pays où il arriverait afin de rejoindre la destination où je l’aurais précédé séance tenante.

Laquelle de ces solutions m’agréait ? Il me regardait toujours de ses yeux ressemblant à deux onyx. Il me fallut le temps de la réflexion. La première me semblait, je crois, la plus engageante : je le suivrais. Cela dit, si cette issue s’avérait insatisfaisante, libre à nous d’opter pour la seconde, n’est-ce pas ?

L’ange noir roula mes feuilles enluminées et les pressa un moment contre ses lèvres. Absolument, mon amour, absolument. Il est si facile de se soustraire au monde. Et que deviendrai-je, quant à moi, si vous décidez de partir ?

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On a peaceful evening,
The Lady climbed the stairs of the Castle.
Silently she arrived at the balcony
And moved aside the heavy velvet curtains.
“Is that the Murderous Knight I see standing there quietly?”

“Bright Lady”, greeted the Knight,
“The Night is calm and the spirits are appeased.
Why are you awake? Why are your clothes
So black that you always seem to be in mourning?
Who are you crying for, dear Damosel?”

“I have no tears for a long time”, said the Lady.
“Yet it seems that I loved so long, so long ago…
But my dress remains black, dear Knight,
And I came tonight to join you. For like me,
Obscurity is the only thing that suits you.

You are still wearing black.”
So speaks the Lady. Silence and Night are wrapping
The Knight and her in their benevolent embrace.
The voice of the Knight is resonating again:
“I guess, my Lady, that you came here for a request?”

“I ask you a promise, dear Murderer.
My heart is never at peace, storms are rumbling in my mind.
– I am going to die soon.
What I implore you to do, dear Lord,
Is to be by my side when the Darkness will make me his bride.”

So says the Lady. “You”, claims the Knight,
“Are far too young to see the Fatal Angel.
What happened to you, beautiful Damsel,
Surrounded by night and sorrow,
To know pains that aren’t supposed to be yours?”

“I felt too much and committed terrible actions”,
Says the Damosel. “Dread is gripping my heart. I have to die,
For this is my fair punishment. There is nothing,
Nothing I long most for.
Even so Terror is haunting me.”

And for the first time in what seems centuries for her,
The Lady cries.
The Murderous Knight holds her hand
As remorse is flowing like water upon her cheeks.
“When Death will bring you to its kingdom I’ll stay.”

So says the Murderous Knight. “My regrets and actions
Are the causes of my eternal mourning.
I am wearing black like you, dear Damosel,
But I am not afraid of Death.
I promise to be with you when the Angel will come.”

Here is the oath of the Murderous Knight.
The Lady’s face is pale under the stars shining above them.
She doesn’t cry any more and stays quiet,
For the Murderous Knight, her love,
Watches her and eases her soul.

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Eleanor Brickdale Fortescue - Elaine of Astolat with Lancelot's shield

To those who should not know.

Dans la chambre se tenait Elaine, le visage grave, sa chevelure d’or envahissant ses épaules en lourdes vagues.

« Le temps nous est compté. »

Une ombre était descendue sur son visage. Lancelot vit des idées traverser son esprit et les fit taire l’une après l’autre.

Les élixirs avaient fait leur effet. De sa blessure il ne restait nulle trace. Dans quelques heures, le jour percerait les cieux noirs et il n’aurait plus aucune raison de demeurer auprès de la dame d’Astolat.

Il était debout, impatient à nouveau, enfant des eaux et des fées, devant Elaine qui le regardait.

« Le temps nous est compté. »

La voix de la dame vêtue de blanc est pareille à un murmure. Implacable et délicat, comme les poisons dont elle a usé pour le guérir.

« J’ai porté vos couleurs, Elaine, lors du tournoi. J’ai été blessé et vous m’avez guéri. Que puis-je vous accorder ? »

Dans les yeux du chevalier l’appel d’autres batailles se fait voir. La pensée d’une reine, qu’il rejoindra lorsque le jour se sera montré.

« Vous m’avez déjà trop accordé. Chaque jour, chaque nuit où vous êtes demeuré ici est inscrit dans mon esprit à l’encre noire. Mais vous oublierez, chevalier, jusqu’au nom de celle qui vous a momentanément soustrait aux Enfers. »

Elle sourit. Et la Mort est sur ton visage, belle Elaine !

« Le temps nous est compté. »

Quelques heures sont une éternité et un instant pour celle qui ne le reverra jamais plus.

Dès lors que le Soleil meurtrier lui aura ravi Lancelot, une barque glissera lentement vers Camelot, fendant les eaux lisses du matin.

Tout s’achève enfin. Le jour est tombé et la dame d’Astolat repose, glissant sur les flots, suivie par des êtres de nuit, cortège funèbre salué par les astres.
Sa main blanche, dure comme celle d’une statue, serre une lettre froissée.

C’est qu’elle y a inscrit en lettres noires le récit de Lancelot et d’Elaine.

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Pour E.R.

C’était la nuit dernière. La rivière scintillait de façon irréelle – vraiment irréelle – sous les étoiles qui crevaient le ciel noir.
Debout près d’un arbre, deux personnes parlaient. Elles avaient quitté le château peu après minuit pour flâner dans ses jardins. L’extérieur était moins dangereux. La nuit possède ses chants et ses murmures. Ils sont différents de ceux du jour. Ils captivent les deux promeneurs.

Un rossignol s’est fait entendre un instant.

Ils sont vêtus de noir. La voix de l’homme est grave et pleine de choses obscures. C’est un aristocrate. Il a parcouru le monde et ses souvenirs sont innombrables.
Elle l’écoute. Elle l’interroge et s’interroge elle-même.

Ils parlent de la Beauté, de sentiments trop éprouvés et du fait de perdre ses illusions. C’est une conversation douce et douloureuse. Elle les apaise.
Elle a laissé ses cheveux noirs flotter autour de ses joues pâles. Elle n’ose le regarder, pas encore, car une question a traversé son esprit. Les mots brûlent ses lèvres.

« Après tout ce que vous avez vu, ressenti, et vécu, êtes-vous toujours à la recherche de la Beauté ? »

Elle redoute sa réponse. Elle la craint car elle a parfois l’impression qu’il lui montre un reflet de ce que son âme pourrait devenir, un jour.
Le silence. Ils observent l’eau miroitante qui s’écoule devant eux.

« Oui. Oui, je le suis. Je la poursuis chaque jour. »

Elle se tourne vers lui et voit son regard limpide sous la clarté des astres. Ses yeux sont remplis de douleur et de regrets qu’il n’a pas besoin de mentionner.
Et la dame, jeune et pâle, reste silencieuse. Il ne prononce plus une parole. Mais ce que leurs yeux disent ! Des légions d’anges se précipiteraient en Enfer pour le savoir.

C’est un secret connu d’eux seuls – et vous, lecteur, n’en saurez rien.

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Je construis un mur autour de mon cœur pour éviter un sentiment qui causerait ma perte.

Les bougies sont toutes éteintes ou presque. J’ai pris le chandelier, grimpé l’escalier qui m’a menée en tournoyant jusqu’à ma chambre. Là, je l’ai posé sur le bureau. Du parchemin, une plume et de l’encre noire.
La lumière nocturne, si douce à mes yeux fatigués, éclaire le papier blanc.

Et mon cœur me fait mal, c’est une blessure béante dans ma poitrine que je n’ai nul plaisir à ressentir. Plus maintenant. La douleur est trop grande, elle me pèse comme si je la traînais depuis des siècles. Je devrais m’y habituer ? Cela fait une semaine, une éternité, que sais-je, qu’il est parti. Mon amour, mon âme, mon unique.

Cela fait une nuit.

Je vois le bouquet fané qui se dresse encore héroïquement dans le vase de porcelaine. Je saisis les fleurs, et je sens les pétales se réduire en cendres dans ma main alors que je souris. Je les renvoie par la fenêtre ouverte. Un baiser soufflé à la nuit.

C’est presque un gai caprice de jeune fille. Mais j’ai l’impression d’avoir traversé des âges entiers. Je voudrais qu’un voile descende devant mon visage, répondant au noir de mes habits. Qu’on me laisse en paix. Plus une parole, plus un murmure, rien ne compte si lui n’est pas…

Je m’assois face à la vénéneuse encre noire. Mon amour se heurte aux murs et aux fenêtres. Il jaillit de mon corps et revient me transpercer, mesquin et meurtrier. Je saisis la plume et mon sourire se fait machiavélique à la pensée de sa pointe crissant sur le papier. Et je me plais à torturer mon amour attaché au parchemin, à le lacérer d’une plume aiguisée.

Je ne puis trouver le repos, et mes nuits seront agitées de mauvais songes ou désertées par Morphée. J’écris, luttant pour garder les paupières ouvertes, les yeux hagards, un sourire étirant mes lèvres assoiffées. Son visage me revient. J’entends la plume frotter le papier. La douleur s’apaise. Si seulement… Ma main s’affaisse, inéluctablement. Des gouttes noires tachent le parchemin. Voici la couleur de mon chagrin.

Il me faut à présent rejoindre les cauchemars. La porte du manoir est fermée et la nuit me protège. Je m’y suis réfugiée et je sais que, dans les accueillantes ténèbres ou je me trouve, nul ne me rejoindra.

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Promenades nocturnes

And this was the reason that, long ago,
In this kingdom by the sea,
A wind blew out of a cloud, chilling
My beautiful Annabel Lee

Les promenades nocturnes. Dangereux sujet. Elles agissent comme un élixir sur celui ou celle qui parcourt leurs allées. Qui suis-je pour dire le contraire ?

Il y a d’abord l’enfant qui rentre à la hâte chez elle et qui se laissera prendre à un moment où un autre. Elle regardera au mauvais endroit au moment inopportun. Ou fera une rencontre qu’il lui eût été souhaitable d’éviter. Les prédateurs ne sont jamais loin, et si elle parvient chez elle, ses cauchemars dureront. A moins qu’elle ne se fasse dévorer avant.

Il y a le prédateur lui-même, qui rôde dans l’ombre et évite les lumières des réverbères. Sauf quand il se révèle et qu’il séduit. Qui est-il ? La question perdure. Il est redoutable. C’est un voleur d’âmes et ses goûts sont imprévisibles. Il agit selon l’humeur du moment. Légèrement esthète sur les bords. La nuit lui est une cachette, mais il déteste la lumière du jour. Par choix. Il est un peu trop sûr de lui.

Et il y a moi. Ou nous, devrais-je dire, car il me semble qu’il existe une petite légion… Ceux pour qui la nuit est un refuge, un havre. Une perdition. Ceux qui goûtent l’élixir et le boivent jusqu’au bout. Jusqu’à en perdre presque la raison. Ceux qui recherchent l’autre, le prédateur, et ne le trouvent jamais – même s’il les suit.

Tout est affaire de séduction, en définitive. Une rue, les dernières lumières de la ville dépassées. La nuit a son parfum. Il est reconnaissable. Envoûtant.

J’écoute de sombres poèmes dans le vent glacé comme d’autres s’attachent au mât du navire en pleine tempête. Pour l’ivresse. Pour aller jusqu’au bout de ma folie. Et alors je rêve. De l’ombre qui me suit. Des voitures dont les phares découpent ma silhouette noire sur les murs et qui pourraient me faucher d’une seconde à l’autre. Je m’émerveille devant la mort qui refuse de venir. Elle décline courtoisement l’invitation. Plus tard.

La musique joue toujours pour moi seule, parant la nuit de secrets que les autres ne voient pas. Je parcours les allées et les ruelles que les autres ont fui. Des larmes froides arrachées par le vent strient mon visage, mais c’est un éclat de rire qui sort de mes lèvres, presque involontaire. Qu’ils entendent !

Les rues sont vides. L’étreinte réconfortante des ténèbres…

Peut-être qu’il me suit. Je veux mourir, là, tout de suite.

Plus tard.

En attendant, le froid n’existe plus. Seules demeurent les dernières lignes du poème chantées à mon oreille.
In her tomb by the sounding sea…

Et je soupire alors que le charme prend fin, et que la maison se dessine de plus en plus précisément devant moi. Je m’arrête. Attends quelques secondes, simplement pour voir…

Mais il ne vient pas. Il ne s’est pas encore montré.

Plus tard.

I’m gonna’ fade your soul
I’m gonna’ bleed your mind
I’m gonna’ fade your soul
I’m gonna’ bleed your mind
Until you’re mine.

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