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Archive for July, 2012

Écrit à l’encre rouge.

Maxellende ne parvenait pas à dormir. Elle avait laissé les fenêtres de sa chambre ouvertes et refusé de tirer les rideaux de son lit à baldaquin. La vue des étoiles et les bruissements de la nuit ne parvenaient toujours pas à l’apaiser. Pourtant, elle n’était visitée par aucune des rêveries qui la berçaient d’ordinaire, l’emmenant doucement vers le sommeil avant même qu’elle ait pu s’en rendre compte.

Après s’être une fois de plus retournée dans son lit, elle agrippa son drap, indécise. Le château était parfaitement silencieux, du moins dans cette aile. Maxellende rejeta ses couvertures, se leva et, aidée par la lueur des astres, ses yeux habitués à l’obscurité, elle trouva le moyen d’allumer un chandelier.
Quelques instants plus tard, elle avait revêtu la robe de velours noir qu’elle avait portée pendant la journée et, les cheveux dénoués, elle entreprit de parcourir les sombres couloirs de la demeure.

Elle parvint ainsi jusqu’à une autre aile du château et ralentit sa marche. Et Maxellende commença à entendre une mélodie. Elle fut surprise par la douceur et la mélancolie produite par un tel instrument. Un orgue. Elle s’approcha davantage et aperçut la porte entrebâillée. L’ouverture jetait un éclair argenté sur le sol. Maxellende poussa doucement la porte. Son chandelier éclaira d’abord une pièce vide, puis, quand elle eut refermé la porte derrière elle, elle vit un homme occupé à jouer. Son visage lui était invisible. Maxellende posa son chandelier. Il semblait presque caresser les touches, et son corps bougeait au rythme de la musique qu’il déroulait, animé par une grâce étrange. Lorsqu’il s’arrêta, Maxellende resta silencieuse. Elle savait qu’il était au fait de sa présence depuis qu’elle avait franchi la porte.

« C’est une nuit paisible », remarqua-t-il.

Il se leva et, lentement, se tourna vers elle. Elle vit la veste noire hâtivement jetée sur ses épaules, la chemise blanche dont les manches n’avaient pas été boutonnées. Dans ses yeux brillait un éclat fiévreux. Pour lui aussi, la nuit était agitée.

« Maxellende Lucretia », murmura-t-il.

Elle se précipita vers lui, posa sa main sur sa nuque et attira son front contre le sien.

« Partage tes démons avec les miens, dit-elle. Offre-les moi. »

Il sourit et fit glisser sa main sur ses longs cheveux.

« Nous sommes tous deux hantés, ma romantique enfant. »

Il se pencha vers son cou. Maxellende ne tressaillit pas. Son baiser fut délicat. Lorsqu’il la regarda à nouveau, Maxellende vit des rêveries de sang et de portes infernales.
Ignorant les rumeurs de la nuit, ils retournèrent aux noirs corridors du château, avides de chimères et de vertiges.
Les flammes du chandelier éclairaient toujours l’orgue silencieux.

28/29 Juillet 2012.
Commencé la nuit.

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