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Archive for June, 2013

Je l’avais promis, le voici : mon article sur Loki. Je ne prétends pas écrire quelque chose de long et d’universitaire – j’aimerais le faire, mais ça ne serait évidemment pas pour ce blog. Le film Thor de Kenneth Branagh a eu plusieurs mérites, parmi lesquels celui de divertir malgré son kitsch (plutôt bien assumé) et d’intéresser un tas de gens à la mythologie nordique. Dont moi. Du reste, entre le bourrin blond qui tape sur tout ce qui bouge avec son marteau et son frère aux cheveux noirs dont les principales caractéristiques sont la connaissance et la magie, j’ai vite fait mon choix.

Si j’écris cet essai, c’est pour expliquer pourquoi je serai aux côtés de Loki pendant le Ragnarok.

Les attributs de Loki sont la Connaissance et la magie, je l’ai déjà dit. Ce qui le rend déjà fascinant pour moi, avide de tout apprendre. Loki porte donc mes couleurs, d’entrée (et dans les films, il est vêtu de vert, qui est effectivement l’une des couleurs que mes amis m’attribuent).

“Je crois que nous allons bien nous entendre.”

Les films. Nous y voilà. Mon intérêt pour Loki ne serait certainement jamais né sans les films de Kenneth Branagh et Joss Whedon, où il est interprété par l’anglais Tom Hiddleston. Le personnage m’a touchée d’abord parce que j’ai tendance à préférer l’intelligence comme arme aux marteaux qui volent – et pour beaucoup d’autres raisons que je ne puis exposer ici. De surcroît, c’est un personnage assez difficile à cerner. Même s’il est présenté comme le villain de Thor et d’Avengers, Loki s’avère étonnamment complexe. Ce qui donne lieu à toutes sortes d’excès : les fangirls, quand elles écrivent sur lui, le rendent exagérément maléfique, ou font de lui un adorable incompris. Loki est tout cela à la fois, et bien plus.

D’ailleurs, on se souvient tous de la scène de la bataille finale de Thor, dans laquelle il affirme à son frère ne jamais avoir voulu être roi d’Asgard. Mensonge, songe le spectateur, qui a vu Loki envier Thor, héritier du trône, depuis le début du film. Or, Loki ne ment pas. Une des scènes coupées de Thor, qui aurait amplement mérité de rester dans le film, montre Loki hériter du trône d’Asgard en l’absence de son frère, banni sur Terre. La charge qui lui incombe est lourde, et son visage trahit son émotion. Loki n’a jamais voulu être roi. Cependant, une fois le sceptre placé dans ses mains, bien des idées sombres font surface…

Avengers n’a fait que confirmer mon intérêt pour lui, évidemment. Comme je ne fais jamais les choses à moitié et que je veux tout savoir d’un sujet dès qu’il suscite ma curiosité, je suis récemment allée emprunter le Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Nordique et Germanique (Robert-Jacques Thibaud, Éditions Dervy, pour ceux que ça intéresse) à la bibliothèque universitaire. Je voulais comprendre les arcanes de cette mythologie sur laquelle je ne savais que peu de choses. Et bien entendu, en apprendre le plus possible sur Loki.

Je n’ai pas été déçue.

(Le problème, dans ce genre d’ouvrages, c’est que chaque entrée fait référence à une autre. « Encore une définition et j’arrête. » Tu parles. Je risque fort d’avoir lu tout le dictionnaire très bientôt.)

J’ai commencé par apprendre, entre autres qualités séduisantes, que Loki est « un dieu particulièrement beau » qui possède la Connaissance avec un grand C. (Dans le film de Branagh, il est qualifié de « maître de la magie », ce qui est vrai.) Le dictionnaire poursuit en ajoutant que Loki est joueur, espiègle, qu’il aide ou nuit à qui il le désire, quand il le désire. Loki possède également le génie créatif. Et là arrive mon passage préféré, que je vous cite tel quel :

« En fait, Loki est un initiateur et c’est par chacune de ses actions que se révèlent les héros et les dieux, que se manifestent le courage, l’intelligence et la véritable nature des êtres. »

Voilà le moment où Loki a remporté mon adhésion jusqu’à la fin.

D’accord, j’en entends déjà me dire : « oui mais Loki a des enfants monstrueux et provoque le Ragnarok ». Je ne le nie pas. Le Ragnarok, ou Crépuscule des Dieux, est la fin du monde dans la mythologie nordique. Rassurez-vous : tout le monde meurt à la fin. A part quatre dieux et deux humains, certes. Mais ne vous attendez pas à retrouver Thor, Odin ou Loki parmi les survivants. Non, madame. Ils y passent tous, chacun affrontant un adversaire désigné. J’aime bien cette histoire, d’ailleurs.

En bref, Loki est le père de plusieurs enfants, dont les trois suivants furent conçus avec la géante Angrboda : le loup Fenrir (oui, le Mangemort d’Harry Potter vient de là), le serpent Iormungand et la déesse Hel. Ce sont ces trois créatures noires qui mettent en branle le Ragnarok, la fin du monde. Suite à quoi tout se met en place, les catastrophes climatiques et tout le tremblement, avant l’affrontement final des dieux et créatures. Là s’affirme Loki en tant que divinité noire : il est à la tête d’une armée sombre, et clairement opposé aux dieux d’Asgard. Au cours du Ragnarok, il est censé combattre Heimdall, le gardien des mondes, et périr au cours de ce duel. Ceci dit, Heimdall meurt par la même occasion de la main de Loki, comme ça, tout le monde est content.

Dans “Thor”, Heimdall et Loki avaient déjà une furieuse envie d’en découdre.

Loki est également au cœur de quelques histoires assez réjouissantes, parfois comiques, parfois tragiques, à son image. C’est un dieu imprévisible et plein de contradictions. La légende dans laquelle il il se transforme en jument et donne naissance à Sleipnir, « le plus merveilleux de tous les chevaux » (dixit mon dictionnaire) et dont la particularité est d’avoir huit pattes, a fait le tour d’internet après la sortie de Thor. C’est une plaisanterie récurrente sur tumblr et Tom Hiddleston lui-même semble avoir une affection toute particulière pour cette anecdote.

Loki et Sigyn – Carl Gebhardt (1880)

J’apprécie assez l’histoire où Loki se transforme en servante pour suivre Thor, déguisé en femme, chez le géant Thrym. Quand ce dernier demande pourquoi la femme qu’il convoite (Thor) a des yeux si furieux et mange autant, Loki, subtil, use de paroles et répond que sa maîtresse n’a rien mangé pendant huit jours. Avant que Thor n’expédie Thrym d’un coup de marteau. (Et on se demande pourquoi je préfère Loki à une brute ! Non mais.)

Pour finir, Loki est marié. Sa femme se nomme Sigyn est est surtout connue pour une anecdote. Après avoir provoqué la mort du dieu Baldr, Loki est emprisonné dans une caverne où, immobilisé, le venin d’un serpent s’écoule sur lui. Mais Sigyn est là, tenant une bassine au-dessous du serpent pour éviter que son mari ne soit brûlé. (Avant que l’heure du Ragnarok ne sonne et que Loki ne sorte comme par enchantement de la caverne pour une dernière fiesta.)

Que dire de plus ? Allez lire la mythologie nordique. Vraiment. Revoyez Thor parce que, malgré son côté kitsch, les personnages sont plutôt bien campés. Et quant à savoir de quel côté Loki sera dans Thor 2, je pense qu’il sera de celui de Thor et je crois… qu’il pourra voir ça comme une chance de rédemption. J’ai discuté avec des amies qui ne soutiennent pas cette théorie, mais je veux y croire, parce qu’avec le temps, j’ai appris à plutôt bien connaître le God of Mischief. Cependant, encore une fois, Loki est imprévisible…

Et quoi qu’il en soit, c’est avec lui que je serai quand le Ragnarok arrivera.
Après tout, nous sommes du même côté.

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David Garrick as Richard III – William Hogarth (1745)

Fin de l’année oblige, mémoire rendu, je peux me remettre à nourrir ce blog. Et soyez prévenus : des articles sont à venir. Dont un sur Loki, parce que je tiens mes promesses.

Ces derniers temps, j’ai pu me mêler un petit peu à la vie artistique lyonnaise, notamment grâce à mes amis comédiens et illustrateurs. (Oui, attendez-vous à voir bientôt un post ayant un léger rapport avec le festival de la BD.)

Mais d’abord, parlons bien, parlons théâtre. Le 9 Juin dernier, je suis allée voir la pièce Exterminator Richard III, mise en scène par Ugo Ugolini et jouée par la compagnie U.Gomina dans le cadre du festival des Prairiales. (Cette phrase sonne affreusement formelle.)

J’avais deux raisons précises de me rendre à ce festival. La première, c’est que je suis une admiratrice inconditionnelle de Shakespeare depuis l’âge de dix ans, où j’ai découvert Roméo et Juliette. Que j’ai dévoré en deux jours… La seconde, c’est qu’une de mes amies, Maïté Cussey, dont j’ai déjà parlé ici pour son rôle dans la dernière production de la Lune Soluble, y jouait.

Des arguments de poids, donc. La pièce a duré 2h30 en tout. Beaucoup de metteurs en scène font le choix, compréhensible, d’élaguer les pièces de Maître Will qui, jouées dans leur intégralité, ont une durée moyenne de trois heures. Ici, j’ai trouvé que Richard III n’en avait pas souffert. J’ai lu cette pièce il y a des années et j’y ai retrouvé tout ce que j’avais apprécié à l’époque : les malédictions, les complots, les meurtres… Ce qui fait l’essence des pièces baroques de Shakespeare, particulièrement lorsqu’elles traitent du destin de rois. Richard III est une pièce particulièrement sombre et parcourue d’un humour cruel qu’Ugo Ugolini a parfaitement su rendre.

Sa mise en scène avait un côté « bricolé » que j’ai grandement apprécié. J’aime l’idée de pouvoir représenter de grandes pièces avec peu de moyens et de parvenir à en rendre toute la majesté. Ugo Ugolini a choisi de créer des tableaux différents pour chaque acte. L’un d’entre eux est presque entièrement joué… par des marionnettes, tenues à bout de bras par les comédiens – masqués – qui les font parler. Mais la comédie s’assombrit au fur et à mesure que la pièce progresse : quand Richard III accède au pouvoir, son trône a la forme d’un diable en papier mâché, qui étend ses griffes sur tous les personnages.

Certains personnages sont interprétés par des comédiens différents d’une scène à l’autre, ce qui permet notamment un final parfaitement terrifiant : les quatre interprètes de Richard III, ensemble sur scène, parlant d’une même voix et exprimant toute leur folie tyrannique.

Les comédiens, au nombre de douze, sont bons et parviennent à s’approprier un texte qu’ils prennent à bras le corps. (Les croiser durant l’entracte, grimés et costumés, est une expérience assez amusante et surréaliste.) Maïté Cussey jouait, entre autres, le rôle de la reine Margaret qui s’offre le plaisir de maudire à peu près tous les personnages au début de la pièce. Mon amie s’est également vu offrir le privilège de clore la pièce avec une tirade dans la langue de Shakespeare. Rien que ça. Considérablement plus jeune que les autres comédiens – qui ont en moyenne trente ans de plus qu’elle –, elle est parvenue à leur faire face, faisant toujours preuve d’un charisme qui, j’en suis sûre, la mènera loin.

Je suis ressortie de cette pièce ravie et épuisée, comme c’est toujours le cas avec Shakespeare. Cela faisait un moment que je n’avais pas assisté à la représentation d’une de ses pièces, et je n’ai pas été déçue. Exterminator Richard III fut pour moi un beau cauchemar bigarré.

Jusqu’à une prochaine fois, Maître Will…

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Pour ceux qui en douteraient encore, Mai est le plus fou des mois de l’année. En effet, tout le monde est encore en manteau/écharpe alors qu’on devrait être en robe. (Ou short.)

Ça n’est pas une raison ? Alors laissez-moi dire que Mai a été le plus fou des mois de l’année pour moi, en tout cas. Mai a vu mes trois projets de l’année se réaliser.

Dans l’ordre :

1) La suite et fin de la publication de mes six articles sur l’esthétique de Jack White pour le site Whitestripes.fr.

2) Aller au concert des Raveonettes. (Ce qui m’a permis de récupérer une setlist et, au passage, de tomber amoureuse de Sune Rose Wagner.)

3) Donner une interview publique de l’écrivain américain Richard Powers.

Mon interview a eu lieu mardi et elle fut épique. C’est le mot.

Pour faire court, les élèves de mon master à Lyon avaient l’opportunité de participer aux Assises Internationales du Roman. Parmi les rôles proposés, il était possible de donner une interview publique d’un auteur issu de la liste des invités. Cette mission porte le nom très smart de : modérateur(trice, dans mon cas) en bibliothèque. (Oui, modérer, c’est la vie.)

Ni une ni deux, je suis rentrée chez moi avec la liste dans la main et j’ai aussitôt fait des recherches sur chacun des auteurs. Histoire de déterminer leur profil, v’voyez. Richard Powers m’a très vite intéressée. Le monsieur est ancien programmateur informatique, musicien accompli, professeur dans une fac de lettres dans l’Illinois et accessoirement romancier. « Un des romanciers les plus importants de ce début de siècle », ai-je entendu dire plusieurs journalistes.

Bref, Powers est presque un génie, qu’on se le dise. Ma lecture de ses interviews l’a confirmé. Dès lors, je voulais interviewer celui-là et pas un autre. Ceux qui fréquentent ce blog connaissent mon dangereux penchant pour les messieurs qui touchent à tous les domaines.
Cela dit, sans ma fréquentation assidue d’un certain Anthony Stark cette année, je n’aurais pas mis autant de volonté à vouloir interviewer cet écrivain et pas un autre.

Donc, j’ai décroché ce que je voulais : une interview publique avec Richard Powers, le 28 Mai 2013. Joie, bonheur, etc. La date fatidique approchait et la veille de l’interview, j’ai procédé à plusieurs manœuvres afin d’être certaine que tout se passerait pour le mieux.

– Comme je suis une étudiante sérieuse, j’ai relu les questions que j’avais préparées, ajoutant une note ici et là.

– Comme je voulais absolument m’endormir et me réveiller dans un bon état d’esprit, j’ai revu Thor. Oui, Thor, le film. Ma dernière affection en date se nomme Tom Hiddleston et, entre Thor et The Deep Blue Sea, le choix est vite fait s’il s’agit de garder le moral. (Oui, Tom est drôle, Tom est élégant, Tom est amoureux de Robert Downey Jr, Tom joue Shakespeare, Tom invite ses fans à le saluer dans la rue, Tom cite des ouvrages que je ne connais pas et que j’ai envie de lire. Tom est parfait. Loki l’est encore plus, mais j’y reviendrai dans un prochain post.)

Finalement, le grand jour est arrivé. Et ô miracle, il faisait presque beau. Presque. J’ai donc revêtu la robe prévue pour l’occasion et écouté Miles Kane me seriner pour la millième fois que « je ne devais pas oublier qui j’étais ».
Puis, avec un air de conquérante, je suis partie affronter mon destin.

Et c’est là que les choses se sont gâtées et que le mot épique prend tout son sens. Après une matinée teintée de trac – et quand toutes vos amies vous disent que ça va bien se passer, ne croyez pas, ça ne fait qu’empirer les choses ; et aussi quand vous êtes tombée quelques jours auparavant sur un blog annonçant l’évènement –, je me suis mise en route pour la médiathèque où devait avoir lieu la rencontre fatidique.
Je voulais arriver une demi-heure en avance – je suis une journaliste sérieuse (ton de Bridget Jones) – mais le métro de Lyon a contré mes plans. Une puissance d’un autre monde a trouvé le moyen de bloquer la ligne que je devais emprunter.

Là, vous devez imaginer une petite fille en robe vintage totalement désemparée et affolée sous la pluie. Vous l’avez ? C’est moi.

J’ai un aveu à faire : je n’aime pas les portables. Mais cette fois, le mien m’a été utile. Et comme j’ai des amies fantastiques, j’ai pu prévenir l’une d’elle qui a pu alerter la bibliothèque de mon retard.
Résultat des courses : rejointe par des amies, j’ai pu prendre le métro débloqué et arriver avec deux minutes de retard sur les lieux.

On peut résumer la situation ainsi : arrivée à la médiathèque, je parviens à une porte dont le panneau affiche un terrible COMPLET. Un cerbère en barre l’entrée.

« C’est pour l’interview de Richard Powers.

– C’est complet, je suis désolée.

– C’est moi qui dois lui poser des questions. »

Forcément, ça change tout. La porte s’ouvre et là, je constate qu’effectivement, la salle est pleine à craquer, que l’interprète et l’auteur sont déjà sur scène. En bref, qu’ils n’attendent plus que moi.
Doux Jésus. Je n’ai d’autre choix que de m’avancer, monter sur scène, serrer la main de Mr Powers avec qui je n’aurais pas échangé un mot avant. Et d’enchaîner.

Le stress consécutif à cette aventure a petit à petit disparu au cours de l’interview. Je suis contente de dire que j’ai bien géré mon temps et que, chose heureuse, le public a été très réactif. Oui parce qu’il y a forcément la partie échange avec le public. Partie au terme de laquelle j’ai pu prononcer la phrase mainte fois entendue dans des films ou de vraies conférences : « Encore une question et nous devrons terminer l’entretien ».

Et c’est au terme de cette interview d’1h30 que j’ai enfin pu parler à Richard Powers. Seule à seul. En anglais.

Le test de la mort, en quelque sorte. Parce que, si j’ai appris à parler cette langue toute seule – les cours ne servent absolument à rien si on veut parler couramment –, que la plupart de mes recherches universitaires se font en anglais, que je suis capable de voir des films en vo sans sous-titres et que je parle anglais tous les soirs environ, passer à une pratique en direct live avec un américain en chair et en os relevait d’un tout autre jeu.

Ce fut merveilleux. Pas seulement parce que je parlais à un auteur pour lequel j’ai appris à avoir, au fil des derniers mois, une grande admiration, pas seulement parce que je pensais au fur et à mesure de la conversation que « bon sang, tu parles anglais exactement comme tu imaginais que tu parlais anglais, ma petite ! », mais aussi parce que j’ai pu lui parler de sujets totalement inattendus.
Nous avons parlé de Jack White.

Et ouais. Suite à une question d’un spectateur, Richard Powers avait donné un peu plus tôt un de ses derniers coups de cœur littéraires en date : un livre sur l’histoire du rock. Notre dialogue (après qu’il m’ait dit que j’avais fait un bon travail et signé quelques autographes à des lecteurs), si j’en donne une traduction approximative, a donc donné à peu près ça.

« Quel est votre groupe de rock préféré ?

– Actuel ou d’avant ?

– Peu importe, comme vous voulez.

– C’est cliché si je dis les Beatles ?

– Pas du tout ! C’est un groupe génial. Moi, ça serait Jack White.

– (d’un air convaincu) Oh, bon choix.

– Il est un peu byronien…

– En effet.

– Vous approuvez ?

– Oui, il a cette aura romantique. »

Là, une petite lampe s’allume au-dessus de ma tête parce que c’est exactement l’analyse que j’avais faite de White dans mes récents articles. Je vous épargne une traduction intégrale. J’ajoute simplement que j’ai réussi ma mission du jour : Mr Powers m’a donné l’autorisation de lui écrire. (Si je n’avais pas tenté ça, je serais rentrée chez moi avec l’impression d’avoir manqué ma journée.) J’ai aussi pu glisser que j’avais été publiée et il m’a demandé mes projets. Bref.

Tout est bien qui finit bien. Surtout quand on clôt une journée, même épuisante et pluvieuse, dans un bar à donuts avec des amies.
Une question, cependant, me turlupinait : avais-je été digne des maîtres et héros qui m’avaient formée et que j’admirais ? Pouvais-je rentrer chez moi et oser croiser le regard d’un seul des personnages accrochés sur mon mur ? Je n’en étais pas certaine.

Cependant, avec le recul, dès le lendemain, je me suis rendue compte que je ne m’en étais pas trop mal sortie. Après tout, j’ai fait cela avant tout pour mes études et un professeur qui était là durant mon entretien m’a dit que j’avais fait du bon travail. Et j’ai pu rencontrer Richard Powers, un presque génie, un des plus grands écrivains actuels. Un homme que j’admire et avec qui j’ai pu parler de Jack White. Que demander de plus ?

Après tout, je n’ai peut-être pas été une élève indigne de Stark et consorts.

Et maintenant ? C’est un sentiment bizarre que d’avoir réalisé tous ses projets de l’année. Le sentiment de vide est assez… déconcertant. Je me suis donc efforcée de penser à tous les nouveaux projets qui s’étaient présentés à moi ces derniers jours et de continuer le boulot.
Au cours de la semaine des Assises Internationales du Roman, je suis aussi allée assister à d’autres rencontres, des entretiens menés par des amies, une table ronde avec de prestigieux auteurs irlandais (expérience étrange : voir que le public qui a recours à la traduction simultanée rit vingt secondes après que vous, vous ayez compris la blague de Kate O’Riordan).

Les étudiantes qui participent à ces Assises répètent que nous prenons part à une expérience extraordinaire et que nous avons une opportunité fantastique. Ça, c’est le genre de chose qui m’échappe et que je ne réaliserai que trois mois plus tard. Si je le réalise.

Pour l’heure, je suis contente d’avoir fait du bon boulot.

Et je m’en vais retourner à mes préoccupations du moment. Il se peut que j’en parle prochainement sur ce blog, d’ailleurs. Il y a la suite de mon enquête sur Arthur Hughes, évidemment, et d’autres projets. Il y a aussi une préoccupation nommée Loki Laufeyson…

A suivre, donc.

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