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Archive for September, 2012

Voici un court texte sur Branislav, le héros de mon roman-feuilleton Le Manoir d’Érèbe, publié cet été dans le journal du Dauphiné Libéré. C’est une petite nouvelle indépendante des huit épisodes, et qui peut donc être lue sans connaître le roman. J’espère qu’elle vous plaira et que ceux qui connaissent déjà Branislav prendront plaisir à le retrouver…

Branislav parcourut les rues de Londres d’un pas rapide. Il savait ce qu’il voulait, et il le voulait vite. Peu importait qu’il sillonne les rues les plus sordides de la ville pour l’avoir. Il y mettrait le prix. Autour de lui pullulaient des meurtriers, des trafiquants et des individus qu’il valait mieux ne croiser qu’une fois. Parfois il lui arrivait presque de se sentir chez lui, près des quais de l’East End. Il savait qu’on le suivait du regard, qu’il était trop élégant pour des lieux comme celui-ci.

Il traversait les allées en seigneur nocturne. Il n’avait pas peur – la peur lui était un sentiment étranger. Et il se savait craint. Il s’approcha rapidement de celui qui l’attendait. Il devinait la fine boîte cachée sous son manteau de laine épaisse.

L’homme la lui tendit et Branislav la saisit délicatement, l’ouvrit et en vérifia le contenu avec une précision et une rapidité inquiétantes. L’homme suait. Branislav pouvait tout aussi bien sortir une lame et le poignarder la seconde d’après. On prétendait qu’il l’avait déjà fait.

« Parfait », sourit Branislav avec obligeance. Son sourire était redoutable, et la seconde d’après il sortait une bourse qu’il glissait entre les mains de l’homme qui recula aussitôt l’argent reçu. Branislav fit volte face et s’apprêta à retourner dans sa demeure. La nuit serait longue, et il se souvint qu’il devait voir Annabel. Il dissimula la boîte sous sa cape et poursuivit son chemin, rapide et silencieux, dans les rues noires de l’East End.

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