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Archive for November, 2013

Il y a plus d’un mois, une amie photographe m’a demandé de poser pour elle dans une série de photos gothiques. Je n’avais jamais fait ce genre de chose auparavant, j’ai donc accepté. Et je me suis beaucoup amusée. (Avoir pour ordre de venir intégralement vêtue de noir et de poser dans un lieu digne d’un film d’horreur, comment refuser ? Il y avait même des jeux pour enfants déserts non loin de là. Le décor était délicieusement lugubre.) La lumière était particulière ce jour-là, pour le plus grand bonheur d’Ariane. Je publie ces photos sur mon blog avec sa bénédiction.

Automne. Entre deux orages, voici l’histoire d’une jeune fille qui arrive dans un pensionnat où il se passe de curieuses choses.

© Ariane

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Au moment même où je commence à écrire ce que vous avez sous les yeux, je viens de rentrer d’une grande promenade dans le vent, emmitouflée dans mon manteau noir, le col remonté pour me protéger d’une éventuelle pneumonie. J’ai croisé une funèbre cérémonie – 11 Novembre oblige – et je compte bien ressortir cet après-midi même afin de m’égarer dans un parc pour rêver tranquillement à de sombres chevaliers ou réfléchir à des histoires à écrire, lire des poèmes ou, qui sait, les trois à la fois.

Pourquoi cet excès de romantisme ? Hier soir, j’ai revu Bram Stoker’s Dracula, réalisé en 1992 par Francis Ford Coppola. Je l’ai découvert il y a des années, presque dix ans. Contrairement à ces films dont on s’aperçoit, avec l’âge, qu’ils vieillissent et que nos yeux juvéniles les avaient embellis, celui-ci devient pour moi de plus en plus beau avec le temps. Davantage pour des raisons affectives qu’artistiques, d’ailleurs, même si je vois de plus en plus le travail énorme du réalisateur et tous les clins d’œils et références dont est parsemé ce film.
(D’ailleurs, la série Dracula diffusée en ce moment par NBC est bien gentille, mais Jonathan Rhys-Meyer, tu peux aller te rhabiller à côté de Gary Oldman. C’est dit.)

Depuis ce matin, je fais tourner la bande-originale de Wojciech Kilar en boucle et je suis prise d’une féroce envie de poster un article rempli d’images romantiques, de musique et de scènes adorées. Dont acte.

J’ai dit que j’appréciais le film de Coppola pour des raisons affectives, c’est vrai. Plus le temps passe et plus je m’y reconnais, il me semble qu’il correspond parfaitement à mon univers. Le XIXème siècle, le romantisme (très) noir, la musique avec des grelots… Le prince et la princesse. Loin de s’échapper d’un film Disney, je les verrais plutôt sortis d’un conte de Grimm ou de l’esprit d’un écrivain romantique qui aurait griffonné trente pages à la hâte au cours d’une nuit d’insomnie. (Il envoie le manuscrit, échevelé et à demi-conscient, et la chose est petit à petit considérée comme un chef d’œuvre, imaginons. Je m’égare.)

Il paraît que le romantisme est affaire de jeunesse, et qu’il s’estompe avec l’âge. J’ai l’impression que le mien ne fait que se renforcer, au contraire. Sans posséder son génie, je me sens très proche d’un Dante Gabriel Rossetti, qui a vécu par et pour ce qu’il aimait, et qui s’est bâti son propre univers, cohérent, peuplé de dames médiévales, des mondes imaginaires de Dante et de toutes les lectures gothiques et romantiques dont il s’était nourri. Cela a parfois pu lui causer des ennuis, le faire mal considérer par certains, mais il est resté en accord avec lui-même toute sa vie durant.

Dante Gabriel Rossetti, The Blue Closet (1857)

Dante Gabriel Rossetti, Paolo and Francesca da Rimini (1867)

D’ailleurs, pour analyser un univers, rien de tel que la chambre de l’analysé en question. La mienne contient les images médiévales de Rossetti accrochées au mur, qui côtoient les portraits de quelques héros byroniens et les enfants au destin tragique d’Edward Gorey. Les livres les plus visibles sont la Poésie Complète de Baudelaire (dans une ravissante et minuscule édition), Varney the Vampyre, un roman-feuilleton publié au XIXème siècle et signé James Malcolm Rymer. (En ce moment, je lis Les Souffleurs de Cécile Ladjali, un petit livre précieux et très curieux se déroulant à Venise, où un frère et une sœur jumeaux metteurs en scènes et amoureux utilisent des têtes vivantes comme souffleurs. Ça rentre assez bien dans le cadre.)

Quand j’étais petite, m’a-t-on dit, je racontais sans arrêt des histoires de princesses qui se faisaient sauver par leurs princes charmants. Je ne suis pas sûre, en fait, que les bases de cet univers aient vraiment changé. Si ce n’est que, comme me l’a dit une amie, « les dames sont désabusées et les princes charmants sinistres ».

Mon univers s’élargit au fil du temps, volontairement ou non, à cause de chocs esthétiques ou d’un choix conscient. Cela dit, rien ne me fait me sentir plus chez moi, quand j’en ai besoin, qu’un bon conte de fées très noir. (Dans une énième recherche d’un film de ce genre, j’ai récemment vu L’Accordeur de Tremblements de Terre des frères Quay. Je le recommande pour le plaisir des yeux.)

Et donc, Dracula de Coppola hier soir. Encore. J’ignore combien de fois je l’ai vu – probablement pas loin d’une dizaine. J’ai eu les yeux remplis d’eau à ces répliques :

MINA: There is always a princess with gowns flowing white. Her face… her face is the river. The princess, she is the river filled with tears and with sadness  and with heartbreak.

DRACULA: There was a princess… Elisabeta. She was the most radiant woman in all the empires of the world. Man’s deceit took her from her ancient prince. She lept to her death into the river that you spoke of.

Voici la scène en intégralité – de 30 secondes à 5 minutes sur la vidéo.

C’est terrible comme ce genre de passage peut me faire sentir concernée. (Il y a peut-être une ou deux raisons à cela, mais vous les trouverez dans les contes que j’ai écrits. Celui-là, par exemple.)

En définitive, je suis contente d’éprouver ce genre de sentiment face à un tel film, que j’appartienne à la caste des romantiques frénétiques ou non. Ça veut dire que la flamme ne s’est pas éteinte et que la passion qui me pousse à découvrir, à lire, à ressentir, est toujours là.

Et cet après-midi, j’irai m’égarer dans un parc venteux, vêtue d’un long manteau noir, en rêvant à de sinistres héros au cœur ravagé. Après avoir écouté une nouvelle fois la Danse Macabre, un des meilleurs morceaux que je connaisse toutes époques confondues.

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