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Archive for August, 2019


Codename Villanelle

Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’être retourné par un livre dont, pourtant, vous savez qu’il n’est pas parfait ? Peut-être que ses personnages sont un peu clichés, que tout y est prévisible, que ça n’est pas très bien écrit, mais vous l’avez adoré du début à la fin. Au point de le relire peu après. De vouloir créer un moodbard, une histoire influencée par ce truc et…

Merci, Luke Jennings, car tu es coupable de m’avoir complètement retournée avec le premier épisode de Codename Villanelle. Je n’ai même pas envie de lire la suite pour ne pas gâcher cette perfection. Ou en tout cas, pas avant longtemps. Ces 43 pages me suffisent.

Remise en contexte. A la base, Codename Villanelle est une série de quatre novellas écrites par Luke Jennings et publiées sous forme d’ebooks. Ces histoires ont servi de base à la série de la BBC America Killing Eve, qui jouit d’une excellente réputation – mais que je ne regarde pas, donc à vérifier. D’après les critiques que j’ai pu lire ici et là, tout le monde s’accorde à dire que l’adaptation est bien meilleure que l’œuvre originale, dont elle ne reprend que les personnages principaux. Dont Villanelle, évidemment.

La première novella de la série s’intitule sobrement Codename Villanelle. Elle se tient très bien toute seule, dans la mesure où c’est une histoire indépendante avec un début, un milieu et une fin. Elle raconte l’histoire, en 43 pages, de Villanelle, une jeune femme très intelligente et sociopathe qui est aussi tueuse à gages. L’histoire a deux temporalités. D’un côté, le lecteur suit Villanelle pendant une de ses missions, qui consiste à éliminer un membre puissant et incontrôlable de la mafia italienne. De l’autre, il découvre via des flashbacks comment Villanelle a été recrutée, et l’entraînement intensif (c’est peu de le dire) qu’elle a suivi pour en arriver là.

villanelle

A priori, rien de nouveau sous le soleil. C’est le genre d’histoire qui peut faire penser à James BondNikita, et à ne je sais combien d’autres films d’espionnage. Alors pourquoi Codename Villanelle a été un tel coup de cœur pour moi, vous demanderez-vous ? Je peux vous faire une liste de raisons. Attention, ça va spoiler, mais l’histoire de comportant pas de plot twist dantesque, libre à vous de continuer à me lire.

Codename Villanelle m’a remplie de joie parce que :

Son personnage principal est une anti-héroïne et on en voit bien trop peu. Les personnages féminins sociopathes, dangereux et intelligents occupent généralement les rôles secondaires des intrigues dans lesquelles elles apparaissent. Ce n’est pas le cas ici. Le lecteur est dans la tête de Villanelle tout le temps, ou presque, et c’est plutôt jouissif.

C’est ultra cinématographique et on ne s’ennuie jamais. Si certains bouquins vous font l’effet de “lire un film”, Codename Villanelle est à ranger dans cette catégorie. Certes, l’histoire ne fait que 43 pages sur liseuse, mais il est toujours possible de s’ennuyer en moins que ça. Vous ne savez pas quoi regarder ce soir, un peu d’action vous ferait du bien ? Cette lecture me semble toute indiquée.

L’histoire s’ouvre sur une assemblée de douze hommes anonymes qui décident d’un commun accord (entre deux décisions concernant l’ordre mondial) de mettre fin aux agissements de Greco, l’homme qui va devenir la cible de Villanelle.

La mission de Villanelle se déroule pendant un opéra. Qui n’aime pas cette ambiance feutrée, remplie de sous-entendus, de menaces prononcées en costume de soirée et d’armes dissimulées dans les cloisons des loges ?

mission impossible

Leoluca Messina. Un personnage doté de la grâce sinistre d’une panthère (sic), héritier raffiné d’un clan mafieux, menaçant à souhait, mais qui va se révéler un allié inattendu. Enfin, plus qu’un allié, ne nous le cachons pas, même si son one-night stand avec Villanelle ne durera pas plus de deux phrases sur le papier et quelques minutes dans les faits. Mon coup de foudre pour ce personnage fut donc bref et intense. Surtout qu’il n’apparaît manifestement ni dans les épisodes suivants, ni dans la série de la BBC.

En y réfléchissant, j’ai adoré Codename Villanelle parce que cette histoire coche toutes les cases nécessaires pour me faire passer un excellent moment. A tel point que je l’ai lue en anglais, tout d’abord, puis dans sa traduction française quelques semaines plus tard. Je voulais en profiter une seconde fois et saisir les éventuelles petites choses qui auraient pu m’échapper. Non, cette histoire n’invente pas la poudre, non, son style d’écriture n’est pas révolutionnaire. Mais elle m’a donné exactement ce dont j’avais besoin, ce qui est extrêmement rare. Je m’arrête donc sur ce sentiment de perfection avant de (peut-être) lire la suite.

Ce n’est pas le premier coup de cœur livresque que j’ai eu cette année. J’aurais pu parler de La dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë, du Faiseur d’Histoire de Stephen Fry, de Table Talk d’Oscar Wilde, ou même de Hate List de Jennifer Brown (autre coup de cœur inattendu), et je le ferai peut-être. Mais l’année est loin d’être finie, et ma liste de livres à lire est plus longue que mes deux bras écartés.

Je vous laisse avec une chanson découverte récemment et dont l’ambiance colle parfaitement à celle de Codename Villanelle, à mon sens.

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