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Archive for February, 2013

L’anglais possède une excellente expression pour définir le sujet dont je vais parler. Role model. Traduisible par « exemple » ou « modèle à suivre » en français.
C’est exactement ce dont il s’agit ici. Les personnages de fiction comme modèles à suivre dans la vie courante. Pas n’importe lesquels, bien entendu : un génie infréquentable et une surdouée psychopathe, j’ai nommé Tony Stark et Alice Morgan.

Je vous vois venir d’ici, ce sont des scientifiques et je suis une littéraire. Certes. Ce ne sont assurément pas des role models en raison de leur style de vie légèrement… différent. Il est vrai.
Mais c’est justement là que réside tout l’intérêt du jeu.

J’ai déjà dû expliquer plusieurs fois le syndrome dont je souffre dans les articles de ce blog : je ne supporte pas qu’on cite une référence que je ne connais pas. Premièrement parce que je me sens affreusement frustrée, deuxièmement parce que je déteste admettre que je ne sais pas.

Avec Tony Stark et Alice Morgan, le fossé ne saurait être plus grand. Leurs thèmes de prédilection sont presque immanquablement des sujets dont j’ignore tout. D’où la frustration accrue.
D’où le fait de m’intéresser depuis cet été aux trous noirs et à la mécanique quantique, entre autres.
(Après tout, les « libertins érudits » du XVIème siècle prônaient le fait que « l’homme savant » se devait d’être érudit dans tous les domaines, pas vrai ?)

Mais voici ma théorie. Je pense en effet que ces personnages peuvent être d’excellents modèles à suivre et ce, en dépit de leur caractère hautement dangereux. (Quoique ?)

Tony Stark

L’ayant encore peu croisé dans des comics – je suis plus DC que Marvel, vous m’excuserez –, je m’appuie sur le personnage tel que nous l’ont montré les films de Jon Favreau et Joss Whedon, interprété par Robert Downey Jr.
Il n’est plus à présenter, tout le monde connaît Iron Man, le « genius billionaire playboy philantropist », comme il se décrit lui-même dans le film Avengers. Ses défauts sont immenses et je n’ai pas l’intention de de les cacher – il en avoue d’ailleurs une bonne partie dans son autoportrait de quatre mots. Donc, Stark a un ego surdimensionné, court après toutes les filles qui passent (et se débarrasse d’elles d’une façon toute personnelle), cumule les excès en tous genres et ne fait pas toujours le meilleur usage de son argent. C’est un fils à papa riche, célèbre et qui possède les pires adjectifs attribués à ce statut.
Je ne conseille à personne d’imiter une telle attitude. (Encore faut-il en avoir les moyens.)
Cela va de soi.

Une chère amie a coutume de dire que « les personnes de grand talent ou de grande intelligence possèdent des défauts proportionnels ». Ceux de Tony Stark sont à la mesure de son génie.
C’est un inventeur. Un génie précoce, et beaucoup plus réfléchi qu’il n’y paraît. Il fourmille d’idées dès qu’il s’agit de créer et d’améliorer son armure d’Iron Man. Et bien entendu, c’est un scientifique reconnu par sa profession.

Il y a deux choses que je lui envie particulièrement. Ses hologrammes, déjà. Ils sont magiques. (Si je pouvais mettre mes idées en forme avec un tel moyen, la vie serait parfois bien plus simple.)

Sa faculté à apprendre très vite dès que nécessité se fait sentir. « When did you become an expert in thermonuclear astrophysics ? », lui demande Maria Hill – Avengers, toujours. « Last night », répond Stark l’air de rien.
Et bien sûr ses connaissances en matière de mécanique quantique. Je ne les égalerai certainement jamais, mais je peux toujours essayer de m’instruire et de comprendre certains concepts et notions.
Dont acte.
Au fil des films, Stark s’améliore et trouve divers moyens de gérer sa personnalité instable. De ne pas péter les plombs, disons. Notamment en s’occupant et en se plongeant dans l’invention.
Pour toutes ces raisons, oui, Tony Stark peut être un role model.

Et pour ceux qui m’accusent de ne citer que des hommes parmi mes héros de prédilection, le personnage suivant offrira un démenti.

Alice Morgan

Il n’y a aucun piège, Alice Morgan est bel est bien une femme. « Presque un génie », qui plus est. Une chercheuse en physique entrée à l’université à treize ans et sortie à dix-huit. C’est aussi une tueuse en série dont on apprend, dans le premier épisode de la série Luther, qu’elle a assassiné ses parents.

Pour être franche, Alice est ma principale raison de regarder la série – produite par la BBC, quelle surprise. Brillamment interprétée par Ruth Wilson, Alice Morgan est un personnage fascinant et effrayant à la fois.

Ses défauts sont presque indissociables de ses qualités, ce qui rend son caractère de role model assez difficile à justifier. Je le fais quand même.
Ce qui caractérise Alice, donc, c’est son génie et sa jeunesse. Elle est aussi brillante en physique qu’en meurtre. Ce qui suscite l’admiration de Luther, avec lequel elle va développer une étrange amitié, c’est qu’il est impossible de prouver qu’elle a effectivement tué ses parents : elle n’a laissé aucune trace. Son crime reste donc impuni.
Pour en finir net avec son défaut majeur : c’est une perverse narcissique. Alice désire être admirée et porte un souverain mépris à la plupart des êtres qui l’entourent. Chacun de ses actes est une revanche contre ceux qui ont pu la blesser.

Ceci étant dit, Alice Morgan a de grandes qualités : un sens inné de la répartie – fine et cinglante –, de l’érudition et une élégance certaine. Elle donne également des conseils avisés à Luther, étant lucide sur les comportements d’autrui.

Elle fait ce qu’elle veut comme elle le veut et ne tolère aucune entrave. Elle parvient également à se sortir des situations les plus difficiles avec un calme inquiétant.

Je concède que tout ceci n’est pas follement encourageant. Alice m’a poussée à m’intéresser aux trous noirs, qui n’appartiennent pas du tout à mon domaine.

Sa capacité à rester calme en – presque – toute circonstance, son intelligence ne peuvent que susciter l’admiration. Alice est une source d’inspiration idéale si l’on veut s’aventurer sur des terrains inexpérimentés de la connaissance et désirer être meilleur dans certains domaines. Le tout en avançant avec une calme certitude.

Donc, je n’ai que des modèles fictionnels scientifiques, vous demanderez-vous ? J’ai montré que cela allait au-delà de ces compétences. Il existe d’autres personnages qu’en effet j’aurais pu prendre comme exemple. J’aurais pu citer Sherlock Holmes, mais il n’a que trop visité les pages de ce blog. Cela dit, il représente l’homme dont le savoir est complet : c’est aussi bien un scientifique qu’un littéraire, il se prête à des expériences de chimie et est aussi musicien. (Il a également des défauts non négligeables…)

Mais c’est un cas encore différent. J’ai cité Tony Stark et Alice Morgan parce que leurs exemples sont d’autant plus frappants qu’ils contrastent, au premier abord, non seulement avec l’image de modèles à suivre, mais également avec le domaine dans lequel j’étudie et sur lequel j’écris.

Cependant, en considérant avec discernement les personnages d’un insupportable millionnaire et d’une surdouée psychopathe, en prenant le meilleur d’eux, je crois avoir montré qu’ils peuvent effectivement être des exemples à suivre.

Je pense qu’ils souriraient à cette idée.

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Je m’étais promis d’écrire cet essai en raison de maintes conversations que j’ai eues avec une amie proche, où nous débattions sur ces deux personnages : Edward Fairfax Rochester et Guy de Gisborne. Je crois désormais pouvoir dire que je connais assez bien l’un comme l’autre. Les comparer, aussi farfelue que puisse sembler l’idée, peut s’avérer intéressant.

Pour cet essai, je me base sur les versions de ces (charmants ?) messieurs telles que nous les a offertes la sacro-sainte BBC. En 2006, Edward Rochester a été interprété par Toby Stephens (fils de la grande Maggie Smith, s’il vous plaît…) dans Jane Eyre, adaptation du roman de Charlotte Brontë réalisée par Susanna White. Quant au sieur de Gisborne, Richard Armitage l’a incarné de 2006 à 2009 dans les trois saisons de Robin des Bois (critiquées récemment sur ce blog).

Je me propose de montrer leurs points communs, leur différences, de finir par une conclusion éclatante and we’re done with it.

Nos deux amis sont aristocrates. Cela peut paraître anodin au premier abord, mais cela conditionne plusieurs de leurs actes et de leurs comportements. Leur passé est trouble et leur aura leur donne – et retire – certains privilèges. Particulièrement dans le cas de Gisborne, ce que je montrerai plus tard.

Pour faire court, ce sont tous deux des héros byroniens. Wikipedia en donne une assez bonne définition : « Le héros byronien est un personnage désabusé, à la fois malheureux et sulfureux, en rébellion et rejeté par la société de son temps. Il apparaît pour la première fois en 1813 dans Childe Harold, devenant le prototype du héros romantique.
Le personnage de Conrad dans
The Corsair offre l’occasion à Lord Byron d’approfondir ses caractéristiques : ténébreux et amer, ricanant et dédaigneux, cachant sous une apparence de froideur les passions qui le rongent. »

(A propos, lisez Le Corsaire. En plus d’être court et d’offrir un parfait exemple du héros byronien, c’est sans doute un des textes les plus accessibles de son auteur et celui qui a connu le plus de succès.)

Rochester et Gisborne correspondent tous deux parfaitement à cette description. Cependant, à la différence de Rochester, Gisborne tente désespérément de se faire une place – bien spéciale, il est vrai – dans la société qui le rejette et ce, par n’importe quel moyen.

Le premier point commun qui m’est venu en tête est le suivant : Rochester et Gisborne sont tous deux pères. Et des pères qui ne s’assument absolument pas.
Le premier a une pupille, Adèle, qui est la fille d’une danseuse française avec laquelle il a eu une liaison. Il soutient qu’il n’est pas son père biologique, ce dont on peut légitimement douter. Abandonnée par sa mère, Adèle est cependant recueillie par Rochester qui l’amène dans son manoir de Thornfield et l’éduque. Un homme bien, cet Edward. Même s’il est souvent rude avec la petite fille – fort heureusement, l’arrivée de Jane va rendre le quotidien d’Adèle plus agréable.
Guy de Gisborne, quant à lui, est le père d’un fils né de son union avec une servante du château de Nottingham. On remarque, là aussi, qu’il s’agit d’un enfant dont la mère est de condition « inférieure » à celle de notre héros. A la différence de Rochester, Gisborne va abandonner son fils, Seth, dans la forêt où il sera retrouvé par Robin avant d’être récupéré par sa mère. Celle-ci, à qui Gisborne a fait croire que le bébé a été placé en sûreté dans une abbaye, quittera Nottingham pour n’y jamais revenir.
J’avais bien dit qu’ils ne s’assumaient pas…

Au chapitre des défauts, disons le tout net : Gisborne et Rochester ont des caractères de cochon. (Ce que la définition de « héros byronien » montre bien en substance.) Ils sont cyniques – ce qui est réjouissant pour nous mais pas pour leurs victimes –, parfois cruels. Ils sont taciturnes et laissent rarement entrevoir leurs pensées. Et quand c’est le cas, « ils referment les portes aussitôt ouvertes », comme le dirait Toby Stephens à propos de Rochester.

Ah, et ce sont aussi des séducteurs. Ce qui les rend paradoxalement très maladroits avec les femmes qui tiennent le rôle d’amour de leur vie, avec qui ils s’y prennent souvent comme des manches. Du moins au début.
Il n’y a qu’à voir le premier entretien de Jane avec Edward au coin du feu. Il n’hésite pas à lui dire ce qu’il pense de son jeu au piano… Ceci dit, Jane ne se laisse pas démonter pour autant, et je crois qu’elle apprécie d’autant plus Rochester parce qu’il n’est hypocrite face à elle.

Et la réaction de Guy lorsque Marian vient de perdre son père. (Sérieusement : elle est éplorée, il la prend dans ses bras, en profite pour lui déclarer son amour et tente de l’embrasser. Franchement… On appelle ça un manque de tact, je crois.)

Enfin, pour citer un dernier point commun qui les rattache – et non des moindres –, Rochester et Gisborne sont en quête de rédemption. Ils veulent se défaire de leur passé, se laver de leurs erreurs. Pour cela, l’amour, souvent, leur apparaît comme le meilleur moyen.
Toby Stephens – béni soit-il et pourquoi ne l’ai-je pas eu comme prof de fac ? – l’explique : « I think [Rochester] falls for Jane because she represents innocence to him. He desperately, I think, wants to get back to that ».

Quant à Guy de Gisborne, c’est lui-même qui l’avoue à la fin de la saison 1 de Robin Hood, juste avant son mariage manqué avec Marian : « J’ai commis des crimes, des crimes affreux. Mais en m’unissant à Marian par les liens du mariage, je vais me laver de tous ces crimes. Son cœur innocent va purifier le mien. »

Mais tout n’est pas si simple dans le beau manoir de Thornfield ou la jolie ville de Nottingham. Ce n’est qu’après bien des épreuves que nos deux amis auront droit à la rédemption. Tous deux perdront également la femme qu’ils aiment à un moment donné.
Jane Eyre s’enfuit de Thornfield Hall après avoir découvert qu’Edward était déjà marié à une femme devenue folle, et enfermée secrètement au manoir. Rochester devra subir un châtiment symbolique : son manoir est réduit en cendres dans un incendie causé par sa femme, qui y meurt, et Edward devient aveugle. En quelque sorte, il doit renoncer à son passé pour voir Jane lui revenir. Résultat des courses : ils se marient et, à la fin du roman, la vue d’Edward commence à revenir à la naissance de leur premier enfant. A la fin de la série de la BBC, il est toujours aveugle, seul choix que je désapprouve réellement dans cette adaptation.

Guy de Gisborne connaît un destin différent. Marian, malgré une certaine attirance pour lui, est amoureuse de Robin des Bois et le restera. Comprenant qu’elle ne sera jamais à lui, Gisborne la tue à la fin de la saison 2. (Il y aurait d’ailleurs beaucoup de choses à dire sur ce passage, mais là n’est pas la question.) Ce crime est probablement celui qui lui pèse le plus et va commencer à opérer quelques changements chez lui. Gisborne n’est pas quelqu’un de fondamentalement bon ou mauvais. Il possède un aspect irrémédiablement sombre, qui le dispute à une aspiration au bien.
Je laisse la parole à Mr Armitage, qui l’explique mieux que moi : « He’s constantly pulled between good and evil, between who he wants to be and who he actually is. He could have been a good man, but he is forever dragged down by his fatal flaw – that he wants glory at all costs. »
(Il n’y a pas à dire, ces types sont brillants. Bref.)

Beaucoup interprètent le personnage de Meg comme le véritable déclencheur de la rédemption de Guy de Gisborne. Je pense qu’elle avait commencé avant, mais que la présence de Meg l’a rendue manifeste. La jeune femme tombe en effet amoureuse de Gisborne pour ce qu’il est. Elle connaît sa réputation, son passé de tueur, puisqu’elle habite à Nottingham. Elle se montre assez sarcastique à son égard au début de leur rencontre. Meg est d’ailleurs le seul personnage – à part Marian, et encore – à qui Guy montre une certaine douceur.

Meg (Holliday Grainger) et Guy de Gisborne (Richard Armitage)
Après la mort de la jeune femme, Guy se rallie à Robin et sa bande de hors-la-loi – par désir de vengeance personnelle davantage que pour leur cause, mais c’est Gisborne et nous ne le changerons pas.

Dans le dernier épisode de la série, Guy meurt en luttant aux côtés de Robin. Il s’est réconcilié avec lui – une amitié est née entre eux. Sa mort est pour lui la rédemption qui lui est enfin accordée. « Je meurs fier… et libre. », sont ses derniers mots.

A présent, j’aimerais signaler quelques différences fondamentales entre Edward Rochester et Guy de Gisborne. J’en ai déjà montré certaines, mais elles ne sont pas si importantes que ça. Disons qu’elles correspondent à leur statut de héros byroniens.
Non, celles que je vais citer vont malheureusement montrer à quel point Gisborne est un tueur psychopathe et Rochester un type bien. (Ce n’est absolument pas un jugement de valeur. Je les apprécie autant l’un que l’autre, bien qu’il me soit difficile de comparer les sentiments que je leur porte.)
J’ai déjà dit que Guy tuait Marian. Est-il utile de préciser qu’Edward ne ferait jamais une telle chose ? Il se laisserait dépérir, plutôt… La preuve : malgré ses supplications, il laisse Jane quitter Thornfield Hall sans la rechercher.

Guy de Gisborne possède indiscutablement un côté cruel. Il torture, le plus souvent par nécessité – époque médiévale oblige – mais aussi, ne nous leurrons pas, parce qu’il aime ça. Il a un côté sadique indéniable. N’oublions pas la requête du Shérif concernant un prisonnier lors de la première saison : « Faites-le souffrir », ordonne-t-il. « Oh, ça oui », répond Gisborne en savourant d’avance ce qui va arriver.
Même lorsqu’il est passé du côté de Robin des Bois, la mort qu’il réserve à Isabella, sa sœur haïe, est d’une cruauté raffinée. Il lui offre du poison : « Une seule goutte agit lentement et douloureusement. Si tu veux que ça soit rapide, bois tout. » C’est cela ou tomber aux mains des hors-la-loi qui n’auront aucune pitié pour elle…

A moins de faire erreur, je ne trouve en Rochester aucune trace de sadisme. (Se moquer de sa pupille montre juste qu’il n’est pas un père particulièrement doué.) Je ne crois pas qu’enfermer Bertha, sa première femme, dans un manoir en raison de sa folie soit du sadisme. Il n’avait presque pas le choix. Guy, lui, l’a.

A la différence de Rochester, Gisborne recherche la gloire à tout prix. Il veut être reconnu. En raison des actions de ses parents, il s’est vu plus ou moins exclu de la société anglaise. C’est un aristocrate déchu. En se mettant au service du Shérif de Nottingham, il voit là l’occasion de grimper les échelons. C’est un ambitieux assoiffé de revanche. Peu importe ce que cela coûtera. « C’est l’ultime mission couronnée par le seul prix qui vaille : le pouvoir absolu. », dit-il à Allan à propos de l’assassinat du roi Richard qu’ils projettent d’accomplir.
Rochester, à l’inverse, s’est volontairement retiré du monde. Il voyage dans d’autres pays, il observe, certes, mais il ne paraît pas à Londres et la compagnie de la haute société britannique n’est pas celle qu’il préfère. S’il l’invite à Thornfield, c’est par souci de convention…

Je crois avoir tout dit. L’essentiel, du moins. A travers ce petit essai, finalement moins saugrenu qu’il n’y paraît, j’espère avoir dressé un portrait fidèle et objectif de deux personnages que j’aime.
J’espère qu’il vous aura amusé et intéressé. Peut-être même fait réfléchir, qui sait ?

En définitive, c’est le but de tout essai. Je retourne donc à mes livres et à mes rêveries, et je vous dis à bientôt, lecteur.

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(Because sometimes you have to occupy yourself during English class.)

When you go
Can I only breathe again?
Demons come to harm
Tasseomancy

She hadn’t sung for a long time and her voice was resonating in the corridors of the palace. Floating, dancing when she thought she couldn’t be seen, but ardently wishing to be discovered.
The song was creating itself as she was singing it.

I’m a little ghost haunting a castle, she thought with delight. I’m dead for centuries. And it’s not boring at all.
Still singing and dancing, she crossed the corridors, went along the windows, caught a glimpse of moonlight, and…

What are you doing?”

The deep voice stopped her suddenly. Turning over the man – an inhabitant of the castle she believed –, she went towards him and declared calmly:

I’m here to haunt you and take your soul.”

Oh, really?” asked the man with a smirk. “I thought I heard a song. A romance I think. Surely you’re not very… frightening.”

He touched her arm.

Not a scream. Not a word of protest. I’m sorry my dear, but as a phantom you just fail.”

You nasty, awful man. Ruining all my effects.”

The girl – or the ghost? – frowned.

Don’t think I’m going to stay with you tonight because I’m not.”

The man laughed.

Ruining all your effects. That’s interesting. Very. You fail at playing dead but at haunting… You have some skills, I admit it.”

Turning back, he started to walk away.

What a charming song that was.”

The girl stood unmoving for a while.

Holy hell”, she muttered.

Maybe she was going to follow him after all.

The end

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Toutes les bonnes choses ont une fin. Hier soir, j’ai terminé la série Robin Hood (Robin des Bois, générique, trompettes). Comme d’habitude, la BBC ne m’a pas déçue et ce, même lorsqu’elle fait dans le pur divertissement. Robin Hood est en effet une série assez bon enfant – en tout cas pour les deux premières saisons – avec quelques personnages attachants. Et un autre qui m’a bouleversée, Guy de Gisborne (voir mon article sur les chocs esthétiques, un essai publié sur ce blog).

Je me devais donc d’écrire sur Robin Hood en guise d’adieux, en revenant sur mes épisodes favoris. Théoriquement, il devait y en avoir trois, un par saison, histoire de faire bien les choses. La saison 3 étant ma préférée, il y en aura finalement plus.

J’avertis tout de suite, lecteur, que si vous ne voulez pas être spoilé, votre lecture s’arrête ici. Si, comme moi, vous vous en moquez, ou que vous avez déjà vu la série, à votre aise, poursuivez.

Saison 1, épisode 8 : Tattoo? What Tattoo? (fr : Un Tatouage Compromettant) :

Mon favori de la saison 1, en raison de la confrontation Gisborne/Robin. Guy de Gisborne (Richard Armitage), sbire du machiavélique Shérif de Nottingham, est capturé par Robin (Jonas Armstrong) et sa bande de hors-la-loi. Jusque là, rien d’extraordinaire : le méchant ligoté à un arbre prenant des airs sadiques, rien de nouveau. (Quoique ses regards sadiques soient des plus plaisants… anyway.)

Il y a une scène intéressante dans cet épisode : Gisborne est libéré de ses liens et trouve le moyen de se battre avec Robin. Chacun en profite pour sortir ses quatre vérités à l’autre. Exaspérée devant mon écran, je les adjure d’arrêter de se taper dessus et de devenir amis, puisqu’ils sont manifestement faits pour ça. Je devrais attendre la saison 3 pour le voir… Gisborne et Robin obéissent en effet à une règle vieille comme le monde qui est celle des « meilleurs ennemis » et se retrouve dans un certain nombre d’histoires. Mais si ! Des ennemis jurés qui ont tout pour être potes mais ne le sont pas. Vous en connaissez forcément.

L’épisode 8 permet également d’en savoir plus les motivations de Gisborne, sur son opposition fondamentale à la lutte de Robin – qui, lorsqu’il l’explique, paraît parfaitement justifiée !

Guy de Gisborne est le personnage le plus complexe de la série, le plus écrit, celui dont l’évolution est la plus intéressante. Mais j’y reviendrai.


Saison 2, épisode 2 : The Booby and the Beast (fr : Les Jeux Sont Faits) :

Un épisode extrêmement drôle qui reflète bien la tendance de la deuxième saison à être anachronique au niveau des costumes. Marian semble en effet sortie tout droit du XIXème siècle dans sa robe rouge. Quant au comte qui la courtise, il est vêtu à la façon d’un aristocrate du XVIIIème siècle. Passons.

Dans cet épisode, le shérif organise une sorte d’immense casino dans son château de Nottingham : il invite le Comte Friedrich, joueur invétéré, qu’il compte ruiner afin de s’emparer de sa fortune. Mais le comte frivole est en réalité loin d’être dupe : malgré son excentricité et son humour particulier, il se fera de précieux alliés de Marian et de Robin. Friedrich parviendra naturellement à s’enfuir, non sans laisser quelque gage de son amitié – en or, au sens propre comme figuré – à Robin et voler un baiser à la charmante damoiselle.

Surprise ! Un de mes épisodes favoris de la série est un de ceux où Gisborne n’occupe pas du tout un rôle majeur. J’ai énormément apprécié le personnage de Friedrich, qui m’a un peu rappelé celui de Sherlock Holmes joué par Robert Downey Jr. Je l’avoue : j’ai vu les deux premières saisons en version française et Friedrich était doublé par… la voix française de Downey. Ceci explique cela. Au-delà de ça, il y a quelques similitudes dans les personnages. Dans leur perspicacité, leur façon de très bien cerner les gens qui les entourent même s’ils semblent tout prendre avec légèreté au premier abord. Une certaine solitude, aussi.

The Booby and the Beast est un épisode assez réjouissant, en fin de compte, à l’image de l’esprit léger et souvent joyeux des deux premières saisons de Robin Hood. Même le personnage de Marian, que je ne supporte pas, s’y révèle amusant et agréable. Personne ne s’y prend au sérieux et c’est tout simplement réjouissant !

Passons maintenant à la saison 3. Comme je l’ai dit, il s’agit de ma préférée. Beaucoup de fans ont été déçus. Elle a souffert d’une nette baisse d’audience, ce qui a contribué à provoquer l’arrêt définitif de la série. La raison ? La mort de Marian, tuée par Gisborne à la fin de la saison 2. Bien des fans s’en sont indignés : Robin des Bois sans Marian, ça n’a pas de sens !
L’actrice Lucy Griffiths n’aurait pas voulu renouveler son contrat. Quoiqu’il en soit, je ne peux qu’être ravie de ce changement, pour plusieurs raisons :

1) Je ne supporte pas Marian, qui pour moi n’est ni plus ni moins qu’une énième variation de la noble dame indignée face à l’injustice et amoureuse du héros. (Et elle mène le pauvre Guy en bateau…) Une saison sans elle : bonheur.

2) Guy de Gisborne la tue, et ce meurtre va être cause de souffrance et de culpabilité pour lui au cours de la saison 3. Il gagne encore en profondeur après cet acte. « Chacun tue l’être qu’il aime », écrit Oscar Wilde, et Gisborne est l’illustration parfaite de cet axiome. J’ose dire que cette saison est LA saison de Guy de Gisborne. Il en est l’intérêt principal, le personnage central. Chapeau bas à son interprète, Richard Armitage, pour qui j’ai le plus grand respect.

La saison 3 tranche radicalement avec les deux précédentes : elle est plus sombre, les personnages sont plus travaillés. Nous avons d’ailleurs droit – enfin ! – au personnage féminin le plus intéressant de la série en la personne d’Isabella, sœur de Gisborne (Lara Pulver, Irene Adler dans l’excellente série Sherlock). Une méchante comme on les aime au parcours sinueux. C’est un peu le pendant négatif de Marian : révoltée face à condition des femmes et décidée à gagner le pouvoir coûte que coûte.

Here we go. Trois épisodes sortent du lot.

Saison 3, épisode 6 : Do You Love Me ? (fr : La Maladie du Roi) :

Une des raisons pour lesquelles j’ai préféré la saison 3 fut aussi en raison de son casting trois étoiles. Cet épisode marque la première apparition du Prince John, interprété par le formidable Toby Stephens, que j’ai découvert dans la version 2006 de Jane Eyre produite par la BBC, où il incarnait Edward Rochester. Le retrouver dans Robin Hood, pendant trois épisodes d’affilée, fut delightful et m’a permis de réaliser l’étendue de son talent. Pour le Prince John, il a fait un véritable travail sur sa voix (devenue aiguë !) et sa gestuelle. Il fait de ce personnage un caractère à la fois tyrannique et drôle, obsédé par l’amour de son peuple mais exécutant à tour de bras.

Cet épisode figure parmi mes préférés en raison des scènes montrant Gisborne, Isabella et le Prince John. Voir des acteurs fabuleux ensemble, tous vus ailleurs et appréciés auparavant, m’a rendue légèrement étourdie.
Sans oublier le duel final entre le Shérif et Gisborne…
Un coup de cœur, de bout en bout.

Saison 3, épisode 9 : A Dangerous Deal (fr : Mésalliance) :

Cet épisode est un favori toutes saisons et épisodes confondus. Ce n’est peut-être pas le meilleur, mais il m’a profondément touchée. Pour les seules dix minutes (en tout et pour tout), qui montrent la rencontre de Gisborne, emprisonné par sa sœur, avec Meg, une jeune femme spirituelle et au caractère bien trempé. Une romance brève et très forte se noue entre eux.

J’ai été bouleversée – pour ne pas dire choquée – par cet épisode qui m’a furieusement rappelé une nouvelle que j’avais écrite à quinze ans, intitulée Un aperçu des ténèbres. (Je ne la posterai pas ici, les défauts d’écriture y sont bien trop flagrants.) Les rapports entre les personnages étaient assez similaires, la fin aussi.
Même aujourd’hui, c’est exactement le genre d’histoire que j’aurais pu écrire. Et pour cela, parce que cette histoire correspond si parfaitement à mon univers, cet épisode occupe une place à part.

Fort heureusement, quelqu’un a eu la bonne idée de mettre les scènes Guy/Meg en deux vidéos sur youtube, et je préfère ne pas penser au nombre de fois où je les ai déjà revues…
Je les mets donc ici, si jamais vous voulez les voir ou les revoir. (Oui parce que le reste de l’épisode, on s’en fiche, non ?)

Saison 3, épisode 11 : The Enemy Of My Enemy (fr : La Grande Evasion) :

(Si vous aussi vous trouvez que l’adaptation des titres en français est nulle, tapez 1.)

Et voilà, l’épisode que j’attendais tant est enfin arrivé : Robin et Guy deviennent potes et s’allient contre Isabella.
Il n’y a vraiment rien à ajouter. J’ai souri durant tout l’épisode, mais à part ça…
Guy garde bien évidemment le côté sombre et le sadisme raffiné qui lui siéent si bien. Sinon, ce ne serait plus Gisborne. Tout de même.
Une scène montre assez bien la nouvelle complicité qui les unit – et il est à parier que les acteurs ont dû s’amuser comme des fous en la tournant.

Donc. Le voyage à Nottingham est désormais fini pour moi, la vie peut reprendre son cours – après approximativement trois semaines d’immersion dans cet univers.

Quoique. J’ai récemment dit que Guy de Gisborne était mon dernier choc esthétique. Les premiers effets commencent à se faire ressentir, je suis heureuse de le dire. (Je suis censée détester le Moyen-Age et voilà que je me plonge avec délices dans les légendes arthuriennes. Je me suis remise à écrire en vers et j’essaie de dessiner. Oui, tout ceci est votre faute, Sir Guy !)

La vie reprend son cours, donc.

Un peu différemment, il est vrai.

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On a peaceful evening,
The Lady climbed the stairs of the Castle.
Silently she arrived at the balcony
And moved aside the heavy velvet curtains.
“Is that the Murderous Knight I see standing there quietly?”

“Bright Lady”, greeted the Knight,
“The Night is calm and the spirits are appeased.
Why are you awake? Why are your clothes
So black that you always seem to be in mourning?
Who are you crying for, dear Damosel?”

“I have no tears for a long time”, said the Lady.
“Yet it seems that I loved so long, so long ago…
But my dress remains black, dear Knight,
And I came tonight to join you. For like me,
Obscurity is the only thing that suits you.

You are still wearing black.”
So speaks the Lady. Silence and Night are wrapping
The Knight and her in their benevolent embrace.
The voice of the Knight is resonating again:
“I guess, my Lady, that you came here for a request?”

“I ask you a promise, dear Murderer.
My heart is never at peace, storms are rumbling in my mind.
– I am going to die soon.
What I implore you to do, dear Lord,
Is to be by my side when the Darkness will make me his bride.”

So says the Lady. “You”, claims the Knight,
“Are far too young to see the Fatal Angel.
What happened to you, beautiful Damsel,
Surrounded by night and sorrow,
To know pains that aren’t supposed to be yours?”

“I felt too much and committed terrible actions”,
Says the Damosel. “Dread is gripping my heart. I have to die,
For this is my fair punishment. There is nothing,
Nothing I long most for.
Even so Terror is haunting me.”

And for the first time in what seems centuries for her,
The Lady cries.
The Murderous Knight holds her hand
As remorse is flowing like water upon her cheeks.
“When Death will bring you to its kingdom I’ll stay.”

So says the Murderous Knight. “My regrets and actions
Are the causes of my eternal mourning.
I am wearing black like you, dear Damosel,
But I am not afraid of Death.
I promise to be with you when the Angel will come.”

Here is the oath of the Murderous Knight.
The Lady’s face is pale under the stars shining above them.
She doesn’t cry any more and stays quiet,
For the Murderous Knight, her love,
Watches her and eases her soul.

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