Feeds:
Posts
Comments

Archive for December, 2013

Le moment est venu. Le voici enfin, l’article promis sur Loki. C’est le dernier que je poste en cette année 2013 et je suis assez contente de la clore avec ça. Après tout, le God of Mischief m’aura poursuivie une bonne partie de cette année, de bien des manières.
Évidemment, il n’y a pas autant de gifs ou d’images de Thor 2 sur internet que j’aurais aimé en voir, mais ça fera l’affaire. Il y en a largement assez pour un article, inutile de chipoter davantage. Je préviens tout de suite que l’article contient des spoilers pour ceux qui n’ont pas vu le film.

Il y a des mois, donc, j’avais publié ici un article disant tout le bien que je pensais de Loki, que ça soit dans les films de Kenneth Branagh et Joss Whedon ou dans la mythologie nordique. Depuis, j’ai eu le temps de lire un grand nombre de choses sur le dieu de la ruse, et je me suis rendue compte que les réalisateurs avaient fait un sacré bon boulot : le personnage incarné par Tom Hiddleston ne trahit absolument pas l’image que j’ai eu de Loki en lisant divers récit légendaires. Si vous êtes curieux, j’ai récemment lu Odd et les Géants de Glace, un récit pour enfants signé Neil Gaiman paru en 2009. Loki, Thor et Odin figurent parmi les personnages principaux. Le livre peut être lu à tous âges et respecte la mythologie nordique. Le personnage de Loki est fidèle à lui-même : si vous l’avez aimé dans les films Marvel, vous l’aimerez dans ce petit bouquin – délicieusement illustré par Brett Helquist.

BREF. Dans mon précédent article sur Loki, je concluais par ceci :

Et quant à savoir de quel côté Loki sera dans Thor 2, je pense qu’il sera de celui de Thor et je crois… qu’il pourra voir ça comme une chance de rédemption. J’ai discuté avec des amies qui ne soutiennent pas cette théorie, mais je veux y croire, parce qu’avec le temps, j’ai appris à plutôt bien connaître le God of Mischief. Cependant, encore une fois, Loki est imprévisible…

Je m’étais promis d’écrire un article une fois le second film vu pour confirmer – ou non – mes théories. Alors ? Eh bien, je peux affirmer avec fierté que…

J’AVAIS RAISON.

Eh ouais.

J’avais aussi complété ma théorie en dehors de ce blog – libre à vous de me croire ou pas. J’ai pensé que, Loki étant ce qu’il est, s’il voyait une chance de rédemption, il la rejetterait à peine effleurée et préfèrerait aller plus loin dans les ténèbres, quitte à rester seul. Fidèle à lui-même, obéissant à ses propres lois et faisant ce qu’il veut comme il veut, comme toujours. Aidant autrui quand ça l’arrange.

Je suis donc allée voir Thor : Le Monde des Ténèbres d’Alan Taylor (l’un des réalisateurs de Game of Thrones dans laquelle je me suis récemment lancée et Holy Hell, c’est excellent) peu après sa sortie. Critique rapide : le film est meilleur que le premier, ça ressemble parfois à un curieux et plaisant mélange du Seigneur des Anneaux et de Star Wars, et il m’a même fait définitivement apprécier Chris Hemsworth. Oui oui. J’en suis la première surprise.

Et Loki, me direz-vous ?

Il ne m’a pas déçue. Quand je me suis assise sur mon siège, j’étais impatiente de savoir si mes théories étaient justes. Et elles l’ont toutes été, du début à la fin. Dans l’ordre. (La première chose que j’ai appréciée, d’un point de vue purement extérieur à l’histoire, c’est qu’Hiddleston ne cabotine pas. Il aurait pu devenir une caricature de son personnage, mais pile au moment où il menace d’en faire trop, il change brutalement de registre. Entre l’évasion d’Asgard et l’arrivée sur Svartalfheim, oui.)

Reprenons les théories dans l’ordre, voulez-vous ?

1°) Loki sera du côté de Thor.

Gagné. J’en entends déjà hurler : « Oui mais à la fin, il… ». Justement. On est d’accord, Loki s’allie à Thor d’abord pour venger la mort de leur mère, Frigga. Bien. Il aide Thor et Jane à s’échapper d’Asgard, à parvenir sur Svartalfheim et à sauver Jane. (D’ailleurs, au moment de sa pseudo trahison sur cette lugubre planète, j’entendais déjà les amies qui n’avaient pas soutenu mes théories ronronner de satisfaction. Mais c’était une ruse destinée à leurrer Malekith, le chef des elfes noirs. J’ai eu un grand sourire, pas surprise une seconde.) De surcroît, Loki se sacrifie pendant l’affrontement : il est mortellement blessé. Paradoxal pour un dieu ? Loki rappelle ironiquement au début du film que les Asgardiens n’ont qu’un temps de vie plus long que celui des humains, point final. Ils sont mortels.

 

Même si je me doutais, à ce moment, que Loki ne pouvait pas mourir, pour de simples raisons techniques – jeter l’un des personnages principaux au milieu du film, c’est moyen – je reste convaincue de sa sincérité à ce moment-là. Je suis sûre que Loki ne savait pas lui-même s’il allait survivre. Ça  lui a en tout cas donné le temps de faire son mea culpa. S’il est le dieu de la ruse, il est aussi capable de sincérité, ce que les autres films ont suffisamment montré.

2°) Il verra son rôle comme une chance de rédemption

Qu’il a en partie saisie avant de la rejeter en bloc. Admettons-le, s’il n’avait pas survécu à ses blessures, il aurait connu une mort héroïque. Il se rachète aux yeux de son frère, qui lui pardonne – et qui l’aime toujours, comme il ne cesse de le répéter depuis Avengers – et voilà. Rédemption obtenue. Sauf que… Eh oui, la fin du film. Donc, à la fin du film, le spectateur découvre que Loki a survécu et pris la place d’Odin sur le trône d’Asgard. Sous l’apparence de ce dernier (j’étais ravie que le pouvoir de transformation de Loki, très présent dans la mythologie nordique, soit montré dans le film), il laisse Thor renoncer à hériter du trône et retourner sur Terre pour vivre d’amour et d’eau fraîche avec Jane. Et voilà, tout est bien qui finit bien, d’un côté comme de l’autre. JUSTEMENT. Loki n’est pas siiiii… eh ben, méchant que ça, en fin de compte.

3°) Loki est bel et bien du côté de Thor… même s’il reste fidèle à lui-même

LokiOk, Loki s’empare du trône et envoie Odin on  ne sait où. D’accord. Ceci dit, si envoyer Thor sur Terre avec Jane l’arrange bien, n’est-ce pas aussi un geste fraternel qu’il a envers lui ? Loki autorise son frère, après tout, à suivre la voie qu’il a choisie et à être heureux. Renoncer au trône est aussi une transgression pour Thor, ce qui ne doit pas déplaire à son frangin. Loki agrémente le discours d’Odin de jolies remarques pleines d’amour paternel (fraternel ? ). Certains diront que c’est pour rendre son imitation d’Odin plus crédible, mais jamais Odin ne parlerait ainsi en temps normal. J’aime à penser que cette scène montre une bonne fois pour toutes que Loki, même s’il sert ses propres intérêts, est aussi, jusqu’à la fin du film, du côté de son frère.

Que dire de plus, à part souhaiter que ma démonstration vous ait convaincu(e)s ? Si ce n’est pas le cas, je suis toujours ouverte au débat, bien entendu.
Quoi qu’il en soit, j’ai hâte de revoir le film et, en attendant, je peux toujours me plonger dans les arcanes de la mythologie nordique. Et vous savez quoi ? J’adorerais écrire un essai digne de ce nom sur Loki – ça fait partie de la foule de livres que j’aimerais écrire. Parce que oui, je serai toujours aux côtés du dieu de la ruse pendant le Ragnarok. Pas l’ombre d’un doute.

Et on se quitte sur une bonne résolution.

Advertisements

Read Full Post »

Au moment où j’écris cet article, mon blog est pris en otage par le cours d’informatique où je me trouve. Le cours porte sur wordpress. Quitte à bloguer, c’est le moment où jamais de faire un article sur… Cymbeline de William Shakespeare. (Je n’y peux rien si les gifs sur Loki dans Thor 2 mettent un temps fou à arriver. Blame the fangirls.)

Ceci dit, il y a un point commun entre un sujet sur Loki et Cymbeline : Tom Hiddleston. J’entends parler de cette pièce depuis que je suis enfant – notamment grâce à Oscar Wilde et Louisa May Alcott -, mais c’est parce qu’Hiddleston l’a citée dans sa conférence pendant le Comic Con de San Diego que je me suis enfin décidée à la découvrir. Je m’étais promis de lire de nouvelles pièces de Maître Will avant fin 2013, mieux vaut tard que jamais.

Imogen – Herbert Gustave Schmalz (1888)

Je parle rarement d’œuvres littéraires ici, et quand c’est le cas, j’ai tendance à m’attarder sur un personnage en particulier. N’ayez crainte, je ne vais pas déroger à la règle. Je voudrais simplement dire, avant de passer à notre héros du jour, que Cymbeline a été un véritable coup de foudre. C’est désormais une de mes pièces favorites de Shakespeare. Aucune d’entre elles, en tout cas, n’avait eu un effet aussi fort depuis Roméo et Juliette, la première que j’ai lue de lui à l’âge dix ans. (Depuis, je pensais Hamlet indétrônable. Malheur à moi !) Cymbeline contient tous les éléments chers à Shakespeare : travestissement, amours contrariées, comédie, tragédie, reine machiavélique, frères et sœurs séparés à la naissance (et de sang royal, histoire de faire bien les choses), fantômes et fées, héroïne passionnée et loin d’être cruche, affrontements royaux, sans oublier une bataille finale épique. Cinq actes. Et pourtant, le tout est fait avec une telle légèreté que la pièce se dévore. Sans une once d’ennui et sans – presque – aucune lourdeur.

Ajoutez à cela que la pièce était la préférée de John Keats, vous avez un gage de qualité non négligeable. La légende veut qu’il ait été en pleurs après avoir lu la scène du départ de Posthumus et qu’il ait mit un temps fou à reprendre sa lecture. Pauvre chouminou.

En parlant de la fameuse scène, elle illustre bien l’absence de lourdeurs de la pièce. Lorsque, au cours du premier acte, Posthumus est banni du royaume de Cymbeline et se sépare de sa femme Imogène, le lecteur n’a pas droit à des tirades interminables, ni aux “Mon Dieu !” ou “Hélas !” si chers à Racine. Leur dialogue sonne vrai.

Posthumus : Je resterai le plus fidèle des maris qui aient jamais donné leur parole. Ma résidence sera à Rome, chez un nommé Philario, un ami de mon père que je ne connais que par correspondance ; c’est là que vous m’écrirez, ma reine, et mes yeux boiront chacun de vos mots, leur encre fût-elle du fiel. (…) Si nous prolongions nos adieux pendant toute la durée de notre vie, l’horreur n’en serait que plus grande ! Adieu !

Imogène : Non, encore un instant : si vous partiez pour une brève promenade à cheval, un tel adieu serait déjà insuffisant. Tenez, mon amour : ce diamant appartenait à ma mère ; prenez-le, mon cœur, et conservez-le précieusement jusqu’à ce que vous en épousiez une autre, quand Imogène sera morte.
(Acte I, scène 2)

Sans transition, passons au personnage de Posthumus. Même si je remercie Tom Hiddleston de m’avoir finalement fait lire la pièce, je ne l’aurais pas choisi pour le rôle de Posthumus, qu’il a incarné au théâtre. Je le trouve trop jeune, trop gracile peut-être, même s’il a déjà prouvé l’étendue de son registre. (Du reste, une adaptation filmée de Cymbeline va bientôt sortir sur les écrans. Je ne sais pas ce que vous penserez du teaser, mais Posthumus ne me convainc pas là non plus. Et je voudrais dire aux producteurs qu’on peut adapter Shakespeare autrement qu’en réchauffant Baz Luhrmann. Voyez Joss Whedon et Beaucoup de bruit pour rien…)
Pendant ma lecture, j’ai plutôt imaginé quelqu’un de, disons, ce genre-là :

The-real-Dark-Knight-sir-guy-of-gisborne-10691629-800-450

Guy de Gisborne. Ou Posthumus, c’est selon.

C’est un fait, Posthumus Léonatus est badass. Je suis tombée amoureuse de lui dès les premières phrases qui mentionnent ledit gentilhomme (la traduction est celle de Christine Lalou) :
“Sa fille, son unique héritière – qu’il destinait au fils unique de la veuve qu’il vient d’épouser – a donné sa main à un gentilhomme sans fortune, mais de grand mérite. Elle l’a épousé. Le voilà donc banni, et elle, en prison.” (Acte I, scène 1)

Ça vous pose un personnage direct. Un seigneur banni parce que marié à la fille du roi, rien que ça. Vient ensuite la fameuse scène des adieux qui fit pleurer notre ami John. Juste avant de quitter le royaume pour s’exiler à Rome, Posthumus croise Cloten (l’incarnation parfaite de la brute), un prince qui convoite Imogène et le provoque en duel.

Cloten : L’ai-je blessé ?

Second seigneur, à part : Pour ça, non ! Pas même entamé sa patience.
(Acte I, scène 3)

*soupir énamouré/admiratif de votre humble servante*

images

Eleanor Fortescue-Brickdale – Sir Lancelot (1911)

Dès le début, tout le monde sait que Posthumus restera fidèle à Imogène et inversement. Ce qui pousse un seigneur romain, Iachimo, à défier notre aristocrate exilé : si Imogène cède à ses avances, il rapportera le bracelet que Posthumus a offert à sa femme comme preuve de son infidélité. Iachimo est un méchant qui n’est pas loin d’égaler Iago dans Othello. Et, comme dans Othello, Posthumus va se croire trahi par son épouse. Un ressort que certains trouvent trop facile, ce qui peut se comprendre : Posthumus, comme Othello, ne met pas très longtemps à se laisser convaincre de l’infidélité d’Imogène. Rebondissement oblige.

Après ça, Posthumus, pris d’une fureur identique à celle de son cousin shakespearien, ordonnera à Pisanio (un serviteur resté auprès d’Imogène) de l’assassiner. Ce qui n’arrivera pas, bien entendu : Pisanio est aussi dévoué à notre héros qu’il l’est à la jeune femme, et la fera passer pour morte.

Ces évènements sont loin de faire perdre sa profondeur à Posthumus, qui devient plus intéressant et nuancé après les erreurs qu’il a commises. Évidemment, il regrette son crime une fois obtenue la (fausse) preuve de la mort d’Imogène.
On peut qualifier – anachroniquement – Posthumus de héros romantique, et on le dit “mélancolique” dès le début de la pièce. Cependant, après l’annonce de la mort de sa femme, Posthumus évolue. Il devient plus grave et désabusé. Il gagne vraiment en profondeur et c’est là qu’il devient intéressant. Il a vécu, culpabilise et devient plus lucide. Mourir ne l’effraie pas, bien au contraire :

Thinking-Guy-sir-guy-of-gisborne-35433328-467-700

(Le même que précédemment. Avouez qu’elle en jette, cette version de Posthumus.)

Posthumus : Je te le garantis, mon ami, tout le monde a des yeux pour se diriger dans le pays où je vais, sauf ceux qui les ferment et refusent de s’en servir.
(Acte V, scène 4)

C’est dans un acte quasi-suicidaire que Posthumus se déguise et prend part à la bataille finale qui oppose les soldats de Cymbeline aux soldats romains. On le voit combattre aux côtés de Guidérius et Arviragus, (les deux princes héritiers de Cymbeline et frères d’Imogène, enlevés à leur naissance) et de Bélarius, père adoptif des deux princes et autre banni. Je vous laisse imaginer la team badass que ces quatre-là forment.

Je vous passe les détails qui restent. Forcément, à la fin de la pièce, une vaste scène de reconnaissance a lieu. Imogène, déguisée en garçon, retrouve enfin son mari et  se révèle à lui. Posthumus l’étreint. Et il n’a pas besoin de trente-six phrases pour témoigner de son amour, mais d’une seule. Shakespeare connaît aussi la concision.

Posthumus : Oh ! ma chère âme ! reste ainsi suspendue comme un fruit à cette branche, jusqu’à ce que l’arbre meure.
(Acte V, scène 5)

J’ai terminé la pièce avec deux certitudes : la première, c’était que Posthumus était devenu mon personnage shakespearien préféré avec Macduff dans Macbeth. La seconde, c’est que j’allais mettre un peu de temps avant de pouvoir lire une autre pièce de Maître Will. Le temps de me remettre de Cymbeline.

Je vais achever là cet article sur Posthumus, sous peine de me perdre en déclarations enflammées – et bien entendu, j’ai une idée précise du genre d’acteur que j’aimerais voir le jouer. Je vois bien Luke Evans, par exemple. Bon âge, bonne morphologie, charisme adéquat. Sans rancune, Tom.

(Je finis cet article trois jours plus tard. Nous sommes le 14 Décembre et j’ai 23 ans aujourd’hui. Entamer son année avec un article sur Shakespeare, c’est un début idéal.)

Read Full Post »

Helen Kane

Soyons honnêtes, aujourd’hui, j’avais le choix entre deux sujets d’articles : Loki et Helen Kane. J’ai dû me résoudre (une fois de plus) à abandonner le premier. Je rêve depuis des semaines de faire un article en réponse à l’essai sur Loki que j’avais publié il y a des mois. (Thor 2 est sorti, je l’ai vu, mes théories se sont-elles vérifiées ? Héhéhé.) Malheureusement, internet ne m’offre pour l’instant que peu de photos du film. Or, j’aime faire les choses bien et je veux croire que l’article ne mettra pas longtemps à arriver.

Je tiens aussi à préciser que j’avais déjà un article tout prêt sur Helen Kane – que j’ai écrit pour répondre à un devoir universitaire – mais j’ai décidé qu’il était trop formel. Jetons tout aux orties et improvisons une présentation de la demoiselle ici. Parce qu’il faut bien un peu de douceur dans ce monde de brutes, dammit.

J’ai découvert Helen Kane l’année dernière, je crois, en fouillant dans les morceaux que proposait le merveilleux site archive.org. J’ai appuyé sans réfléchir sur la touche play de mon lecteur. Why I’m Happy a commencé, et c’était cuit. Comment résister à cette voix de bébé adorable, balancée sur du jazz qui grésille avec des paroles malicieuses comme tout ? Aujourd’hui encore, je peux rarement écouter une chanson d’Helen Kane sans me retrouver à faire des « awww » ou « elle est trop chou ! ». Vous imaginez le tableau.

Sérieusement, même I Have To Have You avec ses « whoopiii ! » ferait fondre un cœur de pierre.

Miss Kane est une chanteuse qui a connu ses heures de gloire de 1928 à 930. Elle s’est fait connaître à New-York, en plein milieu de la jazz era si chère à Francis Scott Fitzgerald. De ces années, elle confie d’ailleurs dans une des rares interviews que j’ai trouvées d’elle : « J’ai été très heureuse de faire partie de cette époque merveilleusement absurde. J’ai profité de chaque minute. Nous avons tous survécu, bien sûr, même si je ne sais pas comment. » Helen Kane avait signé un contrat avec le Paramount Theatre et, à partir de là, enchaîné les singles à succès. Et une fois pour toutes :

I WANNA BE LOVED BY YOU VERSION MARILYN MONROE EST UNE REPRISE.

LA PREMIÈRE A L’AVOIR CHANTÉE, C’EST HELEN KANE. POINT FINAL.

Le fameux « poupoupidou » est aussi une invention d’Helen. Elle fut la première à ponctuer ses chansons de ce rythme scat, et c’est ainsi qu’elle fut surnommée la Boop-Boop-A-Doop Girl par ses contemporains. Cette petite dame d’un mètre cinquante, enjouée, espiègle, est une telle sensation à l’époque que des concours du meilleur sosie d’Helen Kane sont organisés. Les filles s’habillent comme elle et des poupées à son effigie sont vendues en magasin. D’autres auraient perdu la tête. Pas Helen Kane. Elle continua à chanter, à se produire sur scène et même à apparaître dans quelques films musicaux. Loin d’être une cruche, elle était dotée d’un sacré caractère et n’avait pas sa langue dans sa poche. A l’époque où tout le monde s’extasie sur l’apparition du micro sur scène, Helen Kane proteste, en vraie artiste de cabaret, qu’elle est « obligée de rester plantée devant » pour chanter alors qu’elle préfère utiliser toute la scène pendant ses numéros – et que tout le monde l’entendait très bien sans micro.

Je vous poste des vidéos. Si après les avoir  vues, vous ne tombez pas sous le charme de cette petite bouille adorable, je ne peux plus rien pour vous.

Ses « poupoupidous », sa petite voix (bien plus haut perchée que la voix qu’elle avait en réalité, mais chut), sa tignasse brune et ses immenses yeux marrons lui ont d’ailleurs valu d’inspirer l’un des plus célèbres personnages de cartoon : Betty Boop. Quand on connaît Helen Kane, la ressemblance est évidente.

Pourtant, Helen perdit le procès fait aux dessinateurs de Betty Boop, visant à prouver qu’elle avait été plagiée. Sa carrière était sur le déclin, ce qui n’a pas arrangé les choses. Qu’à cela ne tienne : miss Kane se remarie pour la troisième fois – et pour de bon : elle restera avec Dan Healy jusqu’à sa mort – et ouvre un restaurant à New-York. Tout en ne se privant pas de se produire sur scène lorsqu’elle y est invitée. Trente ans plus tard, elle rencontrait toujours autant de succès auprès de la jeune génération qui l’apercevait sur scène.

Écouter Helen Kane me fait toujours sourire : ses chansons sont drôles, parfois touchantes et mettent de bonne humeur. Je vois souvent des gens déprimés dans les transports et je pense que non seulement ils ne prêtent pas attention à ce qu’il y a autour d’eux, mais aussi qu’ils n’écoutent pas la bonne musique. Helen Kane met du baume au cœur et réchauffe les pièces froides.

Je pense vraiment qu’elle gagne à être plus connue : tout le monde connaît le tube de Marilyn et l’allure de Betty Boop, mais qui sait qui se cache derrière ? Peu de gens. Alors oui, je prône Helen Kane, je militerai toujours pour elle, parce que sa petite voix est irrésistible et que les chansons qui grésillent ont un charme fou.

Pour finir, une photo d’Helen Kane, Jack Oakie et Jean Harlow. What a time…

Read Full Post »