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Jack White à Fourvière, le 8 juillet 2018 ©Ray Spears

Je n’ai pas tant que ça l’habitude de poster des billets personnels sur ce blog. Mis à part la Lettre à l’ado de 15 ans que j’ai été publiée en mai (qui a eu des répercussions inattendues sur ma vie privée, qui m’ont soulagée et permis d’avancer), je publie peu de choses sur mon quotidien.

Mais j’ai pensé que pour ceux qui me suivent depuis un moment, je me devais de raconter deux-trois trucs. Sans pour autant rentrer dans les détails personnels, parce que 1. la vie privée prévaut, 2. ça pourra peut-être en aider quelques-uns si je reste plus générale.

Premièrement, sachez qu’il existe un syndrome du cœur brisé, appelé le « tako-tsubo ». Il y a quelques semaines, je me suis retrouvée malgré moi victime d’un chagrin romantique. Rien de romanesque. Une histoire vaguement classique à base de : une fille aime un garçon qui n’est pas réceptif, elle renonce à insister, mais a quand même envie de se ficher en l’air quand il sort avec une personne qui n’est pas elle. Bon, j’ai eu des envies de destruction pendant moins de vingt-quatre heures. J’avais beau salement encaisser la situation, je suis d’avis que quand on a des projets et de l’ambition, il ne faut pas se dire : « Ma vie est finie, je ne vaux rien » en tortillant des mouchoirs trempés de larmes entre ses mains. (J’ai quand même dopé ma consommation de kleenex la semaine où ça m’est arrivé.)

Loin de vouloir composer dix mille chansons sur le sujet ou d’avoir l’idée d’un chef-d’œuvre littéraire basé sur ce coup dur, j’ai plutôt dopé mon ego en mode : « Ce garçon n’était pas digne de moi, et le destin me réserve quelqu’un de mieux ». (On invente ce qu’on peut pour tenir, hein.) C’est aussi dans ce genre de moment que j’ai réalisé que j’avais les meilleurs amis du monde, qui ont refusé de me laisser seule avec moi-même pendant les 48 heures qui ont suivi la grande révélation « il s’est mis avec une personne ». (Merci à vous qui m’avez fait à manger, sortir de chez moi et redonné de la motivation. Et encouragée à pleurer comme une fontaine.) C’est aussi pendant cette semaine que j’ai fait ma première lecture publique, celle de mon texte Il fait nuit, et je suis journaliste ténébriste, basé sur mes traditionnelles histoires d’Halloween publiées ici.

Tous les mois, le bar-restaurant Le Rita-Plage (à Villeurbanne) organise une soirée, Meuf-In Stage, où sont mises en avant les artistes féminines, qu’elles soient musiciennes, comédiennes ou autrices. J’ai postulé après avoir vu un épisode de Girls où l’héroïne fait une lecture publique d’un de ses textes et m’être exclamée : « Je veux faire pareil ! ». Et j’ai été programmée. J’ai eu le cœur brisé quelques jours avant Meuf-In Stage. La perspective de cette soirée a contribué à me faire tenir bon. J’ai fait ma lecture devant des proches et de parfaits inconnus, et c’est un des meilleurs moments que j’aie vécu cette année – pour l’instant. C’est aussi pendant cette semaine très difficile à vivre que j’ai reçu plus de détails sur l’émission radio dont je serai l’invitée courant septembre. (17 septembre, 23h, Radio Canut, Dans tes oreilles, une émission consacrée à des autrices et dramaturges. C’est un honneur d’y être conviée et je n’en reviens toujours pas.) Comme l’a dit une amie avec philosophie : « Qu’est-ce qu’un chagrin d’amour comparé à la gloire ? ». Là aussi, tous les prétextes sont bons pour se consoler, mais celui-ci était plutôt efficace.

Revenons au tako-tsubo. Vous en avez déjà entendu parler ? Moi non plus, jusqu’au  jour où mon cœur a été réduit en miettes. Quand ça m’est arrivé, j’ai voulu savoir pourquoi, outre une envie bien compréhensible de pleurer, ma poitrine me faisait si mal que j’avais l’impression qu’un vide s’était creusé à l’intérieur, et qu’une douleur énorme ne lâchait pas mon ventre. La douleur à la poitrine a mis des jours à partir. Sachez qu’une émotion intense – particulièrement une peine romantique – peut causer de tels symptômes. On appelle ça le « tako-tsubo », ou le « syndrome du cœur brisé ». S’il se produit principalement chez des femmes plus âgées et peut parfois entraîner l’hospitalisation, j’ai pu expérimenter, disons… la « version junior » du tako-tsubo. Ca m’a permis de rationaliser ce qui m’arrivait, de prendre un peu de distance, et d’avoir un nouveau sujet d’intérêt. La prescription en cas de tako-tsubo, c’est : du repos. Que je suis finalement parvenue à prendre. Ironiquement, quand mon chagrin d’amour m’est tombé dessus, j’ai pensé que j’étais rentrée dans la cour des grands. J’allais finir comme Norah Jones, à écrire une œuvre cathartique sur le sujet (The Fall et Little Broken Hearts sont d’excellents albums). Mais non. La vérité, c’est qu’un chagrin d’amour fait du mal, qu’on en bave, et que ma seule envie c’était que ma déprime soit loin derrière moi pour me remettre à créer avec toute la joie et l’ambition dont j’avais besoin.

Spoiler : je m’y suis remise. Grâce à Jack White.

Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous savez que le monsieur occupe une place très importante dans ma vie et mon écriture. (Je vous renvoie à mon article Six ans avec Jack White ou à cette petite nouvelle, qui l’expliquent bien mieux.) Cette année, Jack White était annoncé aux Nuits de Fourvière, et il était évident que j’irais le voir. Déjà, parce que je n’en avais encore jamais eu l’occasion. Ensuite, parce que ça fait dix ans pile, cet été, que j’ai découvert sa musique, et qu’elle a été un tremblement de terre dans mon existence. C’était l’occasion de fêter un bel anniversaire.

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Jack White à Fourvière, le 8 juillet 2018 ©Ray Spears (Le visage de fille à longs cheveux bruns qui le regarde jouer pile sous sa guitare, c’est le mien)

J’ai réussi à avoir ma place dès sa mise en vente – tout a été vendu en cinq minutes chrono – et j’ai été insupportable avec mon entourage jusqu’au jour J. (Personne ne comprenait que je sois terrifiée à l’idée de voir mon role model jouer, mais je l’étais. C’est une chose d’avoir une figure qui occupe le rôle de Maître dans votre vie, qui peuple votre imaginaire, vos histoires, qui vous a appris à bien vous habiller et vous a inculqué votre éthique de travail. C’en est une autre de le voir en vrai et de s’apercevoir que c’est bien un être de chair et de sang.)

J’ai une pointe de regret : qu’il n’ait pas joué de piano. L’homme improvise ses setlists tous les soirs, et le 8 juillet, il a livré un concert exclusivement à la guitare. Mais il a joué Hypocritical Kiss, un de mes morceaux préférés. Je ne vais pas revenir en détail sur les morceaux, l’ambiance qui a régné ce soir-là : d’autres critiques l’ont fait. Certains journalistes l’ayant vu à Montreux deux soirs plus tard lui ont reproché de privilégier la virtuosité au détriment de l’émotion. Je ne suis pas d’accord : Jack White met ses tripes dans le moindre solo de guitare qu’il joue, et l’émotion est là en permanence.

La maîtrise de la mise en scène et le perfectionnisme de Jack White m’ont envoyé assez d’inspiration pour l’année à venir. J’avais de nouvelles idées qui surgissaient dans ma tête au fur et à mesure que je le regardais jouer, et des choses à ajouter à mes histoires. J’ai aussi résolu de mener à terme un projet que j’hésitais à faire. Je suis sortie du concert en pensant : « Je veux être comme lui plus tard ». Je ne souhaite pas être une rockstar, bien sûr, mais j’aimerais pouvoir porter des projets aussi ambitieux et aboutis que ceux de White. Oh, et j’aimerais pouvoir le rencontrer pour le remercier et lui poser des questions. Je suis journaliste : dans la foulée de ma réservation du concert, j’ai lancé une requête d’interview avec lui qui n’a pas abouti. (En lisant les articles qui ont détaillé ses dates en France, j’ai pu constater qu’aucun entretien n’avait été accordé.) Mais je ne lui en veux pas : White est arrivé à Fourvière à 15h15, après avoir joué tous les soirs de la semaine et passé la journée dans un car qui roulait depuis le nord de la France. Il a joué à 21h30, et le lendemain matin, il était déjà reparti vers la Suisse. Je pense qu’à sa place, arrivée à Fourvière, je serais allée piquer un petit somme après avoir fait mes balances – ce qu’il a probablement fait. Et j’ai eu assez d’émotions avec son concert. La vie est longue, il y aura d’autres occasions.

Après les 24 heures suivantes passées dans un état d’hébétement – « J’ai vu Jack White jouer, c’est fait, je n’arrive pas à y croire » –, je me suis remise à avoir des idées. J’ai eu à nouveau envie de me lever tôt le matin pour écrire mes projets ou m’occuper des tâches importantes avant d’aller au boulot. J’ai recommencé à avoir de l’ambition, l’envie de lire des livres de vulgarisation scientifique, des biographies et de regarder des films en noir et blanc – des lubies que White m’a transmises il y a une dizaine d’années. Même si mon « tako-tsubo » n’est pas tout à fait cicatrisé, je suis prête à avancer et à me lancer dans de nouvelles aventures.

Parce qu’on ne gagne rien à faire du surplace en s’apitoyant sur son sort. La personne que vous aimiez ne vous a pas choisie, ça ne changera pas : il faut tirer un trait et avancer.

 

 

Après avoir assisté au concert de Fourvière, j’ai voulu rechercher des articles et des histoires que j’avais aimé lire sur la Toile des années plus tôt… et qui ont malheureusement disparu. Donc, sans plus attendre et pour conclure cet article sur une note à la fois nostalgique et un peu rigolote, voici une petit liste non-exhaustive des choses qui ont disparu d’internet et que j’aimerais tellement y retrouver :

  • Le forum Candy Cane Children (consacré aux White Stripes), dont j’ai fait partie il y a dix ans, entièrement en anglais, et le seul à contenir autant de fanfictions sur ce groupe. J’aime les fanfictions (bien écrites), je ne m’en cache pas, et oui, ce site me manque. Il a été supprimé. What a shame.
  • Une interview fabuleuse d’Alexandre Astier par une universitaire, qui évoque avec lui la présence de Dieu dans son œuvre et son rapport à la foi. Je l’ai dévorée un jour et jamais retrouvée depuis, malgré toutes mes recherches.
  • Tous les dessins et les fanarts que j’avais enregistrés sur mon compte Deviantart, et que leurs auteurs ont choisi de supprimer. (Moralité : toujours enregistrer les œuvres qui vous plaisent sur votre ordinateur.)

Et maintenant, en avant.

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Je parie que vous ne vous attendiez pas à me revoir si vite. J’avais pourtant dit que j’écrirai plus ici en 2018 ! Même si, je l’admets, deux billets dans le même mois, c’est exceptionnel.

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On y croit.

Aujourd’hui, j’avais envie de publier un article sur la panne d’inspiration. (Les anglais appellent ça writer’s block, j’aime assez l’expression.) J’ai écrit dans mon bilan culturel que j’avais souffert d’une panne d’écriture pendant la plus grande partie de 2017. Elle semble petit à petit arriver à son terme, ce qui me rassure grandement.

Récemment, une étudiante m’a demandé comment je faisais pour écrire en-dehors de mon activité professionnelle : est-ce que je me force tous les jours, est-ce que j’ai le temps ? Je lui ai répondu que si on voulait écrire, il était toujours possible de trouver du temps. Chacun trouve l’organisation qui lui plaît. Pour ma part, il y a des week-ends où je décide de ne pas sortir, parce que je sais que ces journées sont propices à l’écriture pour moi. (Aujourd’hui est un de ces jours : j’ai bloqué mon samedi pour me reposer, avoir quelques lectures plaisirs – de Daniel O’Malley aux fanfictions Darkpilot – et écrire.) Selon mon envie, en semaine, je peux écrire le soir ou le matin. Depuis peu, je me lève souvent plus tôt, histoire d’avoir du temps pour moi avant de démarrer ma journée de travail. Ce temps est parfois consacré à l’écriture.

Je fonctionne surtout à l’inspiration quand j’écris. Je sais que certains artistes sont capables de se forcer à produire tous les jours. Que des écrivains ou des musiciens se mettent à leur bureau ou à leur piano, chaque jour à la même heure, avec la régularité d’une horloge, pour créer. Je n’y arrive pas. Si je me force à écrire en n’étant pas inspirée, ce que j’écris est systématiquement plat et ennuyeux. (Même avec le recul, en relisant des textes écrits sous la contrainte, l’impression reste : je les trouve parfaitement inintéressants.)

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Je sais, c’est désespérant.

Aussi, quand j’ai fait ma traversée du désert en 2017, il a fallu trouver des solutions. Elles n’ont pas marché tout de suite, mais en ce début 2018, je suis plus inspirée… en partie parce que j’ai mis ces bases en place. En partie seulement, parce qu’il y a d’autres facteurs qui m’ont rendu mon imagination et que je dois encore m’accrocher.

  • La première solution, ça a été de lire des livres qui m’ont fait voyager, qui exploraient à chaque fois un univers différent, et qui me faisaient me sentir bien. J’avais tendance à penser que je tournais en rond dans mon écriture. Un des remèdes à ça était donc de changer mon background culturel, de renouveler tous les paysages et types de personnages que j’avais connus. Ça explique la grande variété de films et de livres que vous avez pu voir dans mon top culturel 2017, et la réduction drastique d’œuvres gothiques (même si j’en consomme toujours de temps en temps).
  • Seconde solution : tenter de nouvelles choses dans la vie réelle. Déjà, parce que parler avec de nouvelles personnes ou aller dans de nouveaux endroits fait du bien au moral. Mais aussi parce que ça permet, avec le recul, d’avoir de nouvelles couleurs à ajouter à sa palette d’écrivain. Je ne voyais pas forcément l’intérêt de ces expériences sur le moment, mais je pense qu’elles m’ont finalement aidée. Dire oui à l’imprévu et aux invitations impromptues, tenter des choses, c’est pour moi me faire violence. Mais, hé, rien n’est pire que la stagnation, et l’inspiration se gagne. J’ai mis très timidement cette solution en place l’an dernier, mais je compte l’exploiter totalement cette année !
  • Troisième solution : écrire des choses dont on n’a absolument pas l’habitude, même si on pense qu’on peut ne pas y arriver. L’année dernière, j’ai peu écrit, mais j’ai fait un récit en trois chapitres que je ne me serais jamais crue capable de faire il y a plus d’un an. Je n’avais jamais écrit de scènes de combat dans le désert, ni mentionné de vaisseaux spatiaux. Je me suis dit qu’il fallait que j’essaie, en bannissant très fort (et plusieurs fois) le « Mais je ne vais jamais être à la hauteur ». Finalement, mon histoire était exactement telle que je l’avais imaginée, et ça, mes amis, ça s’appelle faire un pas en avant ! J’espère recréer cette impression dans mes projets officiels.
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Et c’était sacrément chouette.

  • Quatrième solution : assumez ce que vous voulez écrire. C’était une de mes résolutions de l’an dernier, que j’arrive de mieux en mieux à tenir. L’idée, c’était de faire péter toutes les barrières que je me mettais en écrivant, et qui cantonnaient finalement mes personnages à des… conventions. Il m’arrive parfois, quand j’écris un dialogue entre des personnages ou que je décris une action, de me dire : « Mais je ne vais quand même pas écrire ça ? ». Parce que je n’ose pas, parce que tout de même c’est un peu… enfin ! Quand ce genre de chose arrive, désormais, je me fais violence pour l’écrire quand même. Parce que renouveler son écriture et améliorer ses personnages, c’est aussi bousculer ses propres frontières. Mes personnages se sont donc mis à être brutally honest (comme disent les anglais) les uns envers les autres en 2017, à assumer leurs sentiments et à agir. Je ne dis pas que c’est facile à faire, mais c’est plutôt libérateur, et ça insuffle quelque chose dans mes écrits.
  • Dernière astuce : suivez les conseils qu’on vous donne. (Je ne parle pas des miens.) J’ai remarqué que mon entourage, qu’il s’agisse de ma famille ou de mes amis, donnait en fait d’excellents conseils, que je me suis donc mise à suivre. Y compris pour l’écriture ! Quand ils me conseillent une œuvre, de la musique, un film, un bouquin, j’essaie d’aller découvrir ça. Quand ils me donnent des conseils pour m’aider à baisser la pression concernant mes projets officiels, je les suis. (Vous n’avez pas idée de la pression que je mets sur mes projets officiels. Maintenant que j’y pense, j’aurais peut-être écrit ma dernière pièce plus vite si je n’avais pas pensé en écrivant chaque réplique du premier jet : « J’espère que la metteuse en scène va aimer, j’espère que ce n’est pas nul, j’espère que… ».)

Traverser une panne d’inspiration, surtout quand elle est longue et que l’écriture est votre moteur, peut être extrêmement difficile. Le vide est immense, l’impression de ne servir à rien aussi, et l’autodépréciation est tout le temps présente. Et, finalement, c’est contre-productif ! La moi positive (bonjour !) pense plutôt qu’une panne d’inspiration, c’est l’occasion ou jamais de tester de nouvelles choses. Inutile de se dire tous les jours : « Mais à mon âge Untel avait déjà fait ça, aaaargh ». Il faut juste faire en sorte d’aller bien, et quand l’inspiration revient, ne pas. La. Lâcher.

Vous ne savez pas à quel point je retiens l’inspiration en ce moment. Je vais poser des pièges pour qu’elle reste avec moi toute l’année et lui offrir des gâteaux pour qu’elle n’ait plus jamais envie de partir.

Aussi, j’ajoute à ce billet deux vidéos pour finir en beauté. La première vient de la chaîne d’Anna Akana, une youtubeuse que je respecte beaucoup et qui a souvent d’excellents conseils à donner (parce qu’elle en a sacrément bavé de son côté). Chacune de ses vidéos est une dose de lucidité et de bonne humeur. Pour les non-anglophones, beaucoup de ses vidéos sont sous-titrées en français, dont celle-ci, que je viens juste de voir et qui s’accorde tellement bien avec la fin de cet article que c’est sans doute le DESTIN :

Enfin, une fois n’est pas coutume, je mets aussi un lien vers une vidéo de la chaîne Oh, life., qui n’est tenue par nulle autre que ma petite sœur. Ses vidéos humoristiques étant un sacré coup de boost pour mon moral, j’en déduis qu’elles le seront pour ceux qui liront cet article. Voici la dernière en date, qui en plus contient un petit message positif :

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Les ordis portables des années 90 étaient tellement mignons.

J’ai remarqué que j’avais assez peu posté sur ce blog cette année. Il y a plusieurs raisons à cela, outre le fait que mon année ait été très chargée. Je compte bien faire revivre ce petit coin, qui tient une place particulière dans mon cœur, au cours des mois à venir. A quel rythme, je l’ignore. Wait and see.

C’est au milieu d’une année pourtant bien pleine de projets que j’ai eu l’idée de me lancer dans le NaNoWriMo (National Novel Writing Month). Il s’agit d’un défi un peu fou, qui a lieu chaque année en novembre, et qui consiste à écrire 50 000 mots en un mois. L’idée, c’est de rédiger une première ébauche de roman, et de booster la quantité plus que la qualité. Le site officiel du NaNoWriMo permet de mettre sa jauge de mots à jour quotidiennement, et de voir où on en est : est-ce qu’on a du retard, est-ce qu’on est toujours dans la course, etc.

Chaque année, plusieurs personnes me demandent via Facebook si je compte faire le NaNoWriMo. Jusqu’à ce mois-ci, ma réponse a toujours été non. Je n’en avais pas le temps, ou pas l’envie, ou pas la motivation. Je me suis toujours dit que je le ferai un jour, « mais pas maintenant ». En cette année 2016, j’ai décidé sur un coup de tête de faire le NaNoWriMo… et je ne le terminerai pas.

Ce n’est pas un aveu d’échec, parce que je considère que cette expérience m’a appris des choses sur moi et mon écriture.

Au moment de commencer le NaNo, j’ai dit à un ami que c’était paradoxal que je me lance dans cette expérience précisément l’année où j’avais le moins de temps pour la faire. Prémonitoire. Dans l’idéal, pour réussir le NaNoWriMo, il faut écrire 1600 mots par jour, ce qui équivaut à trois pages Word et des poussières. Et si vous n’avez pas toujours le temps de les faire… vous pouvez toujours vous rattraper pendant le week-end.

Au quotidien, je vis de ma plume : je suis rédactrice web/journaliste. (Quant à savoir où, petits malins, une simple recherche sur Google vous l’apprendra.) C’est-à-dire que j’écris déjà chaque jour. Je doute fort d’avoir rédigé 50 000 mots pour mon travail à la fin de chaque mois, mais il est clair que je laisse toujours une certaine quantité de texte derrière moi.

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Ceci est un de mes gifs préférés au monde et je me devais de le placer dans cet article.

Parenthèse. Traditionnellement, quand je m’attelle à mes autres projets d’écriture (comme mes pièces de théâtre), je les rédige sur le papier, avant de les corriger et de fixer leur version définitive sur ordinateur. J’ai déjà dit que j’aimais voir la progression d’un texte au stylo, les ratures, les annotations… Mais si j’écris à la main, le soir et le week-end, c’est aussi parce que je fais un rejet des écrans, après les avoir regardés pendant une journée de travail. En semaine, le soir, je vais lire (du papier ou l’écran mat de ma liseuse), écrire (à la main), et éteindre absolument tous mes écrans à 22h. J’admets que mon téléphone portable est parfois – souvent – totalement éteint à 21h. Ça me permet de me recentrer, de me détendre et surtout, de me prouver que je ne dépends pas des écrans. Fin de la parenthèse.

Tout ceci pour expliquer que faire le NaNo était une renonciation à ces habitudes, en quelque sorte. Pour le réussir, il est indispensable de taper son texte sur ordinateur. Ce qui s’est rapidement révélé déplaisant. D’un autre côté, ça m’a permis de constater à quel point j’avais besoin de mon moment sans les écrans, et combien mon rejet d’eux était vivace. (Ce que j’ai tendance à considérer comme un bon signe, en ces temps ultra connectés, où certaines connaissances m’avouent être incapables d’éteindre leur portable pendant la nuit.) Quand on rentre chez soi après une longue journée à écrire, à devoir trouver des idées et à voir du monde, écrire frénétiquement trois pages à l’ordinateur peut être la dernière chose dont on a envie. Ça va sembler épouvantablement girly, mais : écouter son corps, c’est important.

Mais surtout, le NaNo m’a fait prendre conscience d’éléments fondamentaux concernant ma façon d’écrire. Il m’a rappelé que j’ai mes limites, mais il m’a aussi fait découvrir des ressources insoupçonnées. Je ne partais pas de nulle part en commençant le défi : j’avais une trame principale, au moins trois personnages principaux dessinés dans ma tête, et une idée de la structure de l’histoire. Même si j’aime boucler mes projets assez vite, je préfère écrire quand l’inspiration est là, et ne pas me forcer quotidiennement. Si l’envie n’est pas là, ça se débloquera plus tard.

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Excellente idée. Inutile de tourner en rond.

Pendant le NaNoWriMo, j’ai découvert que j’étais parfaitement capable d’inventer chaque jour la suite de mon histoire sous la contrainte – même si, encore une fois, ça n’était pas souvent agréable. Soit j’étais inspirée, soit j’étais motivée par ma maudite fierté à aller jusqu’au bout : toujours est-il que je suis contente de ce que j’ai écrit pendant le temps où j’ai tenu. Je finirai cette histoire, je pense, mais ça prendra plus de temps que prévu, et infiniment plus de soin.

L’enjeu du défi était aussi, pour moi, de savoir si on pouvait faire le NaNo tout en ayant un travail, des projets artistiques et une vie à côté. La réponse est officiellement non, du moins en ce qui me concerne. Ce qui a un côté infiniment rassurant : somme toute, j’ai une existence assez « remplie » pour ne pas avoir le temps de faire le NaNo. Ça n’aurait sans doute pas été le cas il y a quelques années. (Sortez les violons.)

Si on choisit de faire ce défi littéraire, il ne faut se consacrer qu’à ça, et j’ai regretté bien des fois de ne pouvoir dévorer des livres tranquillement le soir, ou de ne me pouvoir me consacrer aux projets d’écriture que je trouvais vraiment importants. En définitive, je n’ai pas exactement perdu mon temps, parce que je tire des leçons de cette courte aventure.

Et pour une fois, je ne vais pas trépigner en songeant que les héros que j’admire le plus auraient, eux, remporté le NaNoWriMo s’ils y avaient été confrontés. Le fait de ne pas le réussir m’a fait prendre conscience de choses très positives. Si certains considèrent cela comme un échec, je l’accepte de bonne grâce.

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